Téléphones portables: rayonnement en question
L'émission «Kassensturz» de la TV alémanique SF-DRS a présenté mardi une nouvelle méthode de mesure du rayonnement des téléphones cellulaires. Surprise: les micro-ondes émises par l'antenne s'avèrent bien plus puissantes que ce que l'on a cru jusqu'ici.
Avec un portable, la parole est véhiculée sous forme de micro-ondes émises par l’antenne de l’appareil. En fonction de la position de l’émetteur et du récepteur, mais également du type d’antenne, une part plus ou moins importante de ces ondes est absorbée directement par le cerveau.
Ce rayonnement est du même type que celui d’un four à micro-ondes, mais heureusement pour les utilisateurs, il est en gros 200 fois moins puissant. En l’absence de norme légale, la communauté scientifique mondiale a fixé une recommandation: l’organisme humain ne devrait pas encaisser plus de 2 milliwatts par gramme de poids (mW/g).
Le test présenté par « Kassensturz » – qui passera également mardi prochain dans «A bon entendeur» sur la TV romande – porte sur neuf modèles de portables. Les valeurs mesurées vont de 0,66 mW/g pour le Motorola V2288 à 1,45 mW/g pour le Siemens C35i. Parmi les «bons élèves» se classent encore l’Ericsson R320s (0,75 mW/g) et le Nokia 7110 (0,90 mW/g).
Et bizarrement, ce sont deux modèles des mêmes fabricants qui complètent le trio de queue. Juste devant le Siemens, on trouve en effet le Nokia 8210 (1,26 mW/g) et l’Ericsson T28s (1,27 mW/g).
A noter que toutes ces valeurs ont été obtenues grâce à une nouvelle méthode de test et sont significativement plus élevées que celles obtenues au moyen du test précédent, qui portait, il est vrai, sur d’autres modèles. A l’époque, la fourchette allait de 0,28 à 1,33 mW/g.
Mais quoi qu’il en soit, même le portable le moins bien classé est encore loin de la valeur-limite de 2 mW/g. L’effet d’échauffement des tissus par les micro-ondes semble donc tout à fait supportable, surtout qu’il est en général localisé dans une zone précise.
«Reste malgré tout le problème du smog électrique, qui lui se répand dans tout le cerveau et dont les effets sont encore très mal connus, ce qui nous inquiète passablement», ajoute tout de même un collaborateur d’ «A bon entendeur».
A Zurich, c’est la Fondation de la recherche sur les technologies de l’information – à laquelle sont associés les principaux fabricants de portables – qui se charge de ces tests.
Considéré comme une autorité mondiale en la matière, son directeur, le professeur Niels Kuster n’en est pas plus tendre pour autant avec ses partenaires. Selon lui, les fabricants ont encore trop tendance à privilégier le design ou la légèreté, alors que le rayonnement d’un portable dépend souvent du placement de l’antenne. «Construire des téléphones cellulaires qui émettent le moins de rayonnement possible ne présente pas de problèmes techniques particuliers», explique le professeur.
Autre résultat intéressant de ce nouveau test: les portables qui rayonnent le moins sont également ceux dont la qualité de réception est la meilleure. «Ceci est parfaitement logique, explique Niels Kuster. Moins les ondes se perdent dans le cerveau, plus il en reste pour la transmission du son».
Marc-André Miserez
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.