Ski nordique: les Suisses décevants à Lahti
Après avoir atteint les premiers objectifs de ces Mondiaux, les athlètes helvétiques se sont mis aux abonnés absents. Il en va de même des fon-deurs et des techniciens du saut et du combiné. Désormais, il leur reste cinq jours pour sauver ce qui peut encore l'être.
Pour les Suisses c’est la soupe à la grimace! A Lahti, la petite lueur allumée le premier jour s’est vite éteinte, balayée par le grand souffle du désastre. Comme si la 19e place du Zurichois Reto Burgmeister sur le 15 km classique et la 20e place de la Tessinoise Natascia Leonardi sur le «quinze» des dames avaient fait effet contraire: au lieu d’être stimulés, les Suisses se retirent déjà, avec le sentiment du travail accompli.
Entrer dans les vingt premiers était considéré par le staff helvétique comme le but du déplacement en Finlande. Les résultats de Natascia Leonardi et de Reto Burgmeister sont restés lettre morte.
La Valaisanne Brigitte Albrecht est passée complètement à côté du sujet dans la course-poursuite. Le Zurichois n’a jamais trouvé ses marques, sur la poursuite comme sur 30 km. Laurence Rochat, elle, est restée en-dessous de ses possibili-tés sur le «quinze». Mardi, elle n’a pas concrétisé les espoirs placés en elle, qui, compte tenu de son potentiel, consistaient à approcher de la 20e place.
Trente-troisième à 2’55» de la Norvégienne Bente Skari, elle qualifie son résultat de «…pas mauvais, mais pas génial». Sans se chercher d’excuses, elle fait tout de même remarquer: «La moyenne d’âge des trente premières est de 29 ans. Elle est même de 30 ans pour les dix premières».
Or, au 33e rang, la Vaudoise (22 ans en août) n’est précédée que de trois filles de son âge: la Slovène Petra Majdic (23), à laquelle elle concède 59», et deux filles de sa classe d’âge, les Suédoises Carin Holmberg (21e qui lui prend 50») et Jenny Olsson (31e qui lui prend 6»).
La Combière relève encore: «Toutes les autres filles arrivent aux Mondiaux à 110% de leur forme. Nous, nous ne sommes qu’à 98%»… Comment expliquer cela? Laurence Rochat avoue son ignorance.
Dès lors, faut-il remettre en cause le travail des entraîneurs? Ou changer la mentalité des Suisses trop vite battus, trop vite satisfaits de «résultats honorables» lorsqu’en Coupe du monde ils entrent dans les points? Faut-il revoir les critères de sélection? Les durcir? Revoir les méthodes d’entraînement?
Autant de questions auxquelles non seulement les entraîneurs, mais encore les fonctionnaires de Berne, devront répondre. Si, à ce jour, les fondeurs sont passés à côté de leur sujet, les techniciens – les sauteurs et les combinés – n’ont guère fait mieux. Certes, les difficultés des sauteurs suisses à aligner des résultats constants ne datent pas d’aujourd’hui. Et les combinés – ce sont généralement de bons fondeurs – n’arrivent pas à améliorer leurs performances sur le tremplin.
On ne tire pas sur une ambulance. Mais, à force d’entendre des excuses, on en vient à se demander si on travaille dans le juste. Dans cinq jours, le rideau tombera sur Lahti. L’heure des grimaces sera-t-elle encore de mise?
Pierre-Henri Bonvin
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