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Centre de formation pour objecteurs de conscience

Dégager la neige est une manière d’effectuer un service civil, comme ici dans un centre éducatif de Koeniz

Dégager la neige est une manière d’effectuer un service civil, comme ici dans un centre éducatif de Koeniz

(Keystone)

Le service civil représente une alternative pour de nombreux jeunes qui ne sont pas disposés à accomplir le service militaire obligatoire. Mais pour faire ce choix, ils doivent répondre à de nombreuses exigences, parmi lesquelles un cours préparatoire au nouveau Centre fédéral d’instruction.

Dans un pays comme la Suisse, avec une ancienne tradition d’armée de milice, le jeune conscrit a besoin d’avoir une conviction pour refuser d’accomplir son service militaire. En plus de devoir accomplir une série de démarches administratives, il doit encore passer quelques jours à Schwarzenburg.

C’est en effet dans ce village, situé à une demi-heure de Berne, que le ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann a inauguré, le 5 août, le Centre fédéral d’instruction au service civil.

Dans ce bâtiment loué à la Protection civile, les autorités ont centralisé les cours consacrés au service civil, un service créé en 1992 et qui permet aux objecteurs de conscience de servir leur patrie sans armes.

«Avec l’armée, la protection civile et les services de police et de secours, le service civil participe à la sécurité du pays. En fournissant un travail durable et de valeur, les civils sont présents là où l’on a besoin d’eux», a dit le ministre lors de l’inauguration.

Alternative controversée

Mais cette reconnaissance ne signifie pas que le service civil soit vu d’un bon œil par toute la société. Lors de sa création, les autorités avaient fait en sorte que ce modèle se limite à être juste une alternative pour une minorité de jeunes. Des barrières avaient donc été créées: outre une période de service plus longue, les candidats devaient aussi prouver qu’il avaient des problèmes de consciences les empêchant de porter les armes.

En avril 2009, le Parlement avait cependant facilité le choix du service civil en renonçant à l’examen de conscience. Selon la majorité des politiciens, la durée du service civil (50% plus longue que le service militaire) constituait à elle seule une motivation suffisante.

Mais ce changement a provoqué un «déluge» de candidats. Jusqu’en décembre 2010, 14'000 conscrits ont demandé à effectuer un service civil, un chiffre considérable pour la Suisse et alarmant pour l’armée.

Face aux protestations des milieux plus traditionalistes, le Parlement a donc une nouvelle fois décidé de restreindre l’accès au service civil. De nouvelles règles sont entrées en vigueur au début 2011.

Nouvelles règles

Aujourd’hui, l’objecteur de conscience ne peut plus remplir le formulaire de demande simplement par Internet, mais doit le demander personnellement aux autorités responsables. Il doit ensuite avoir un entretien personnel pour expliquer sa situation personnelle.

«Il ne s’agit pas de créer des obstacles, mais d’empêcher les abus», a justifié Ueli Maurer. Le ministre de la Défense a également indiqué que l’un des objectifs de cette procédure était de découvrir pourquoi autant de jeunes évitaient l’armée.

Ainsi, si les examinateurs considèrent que l’empêchement de servir avec des armes relève plus d’un problème de motivation que de conscience, le jeune reçoit alors des offres pour servir dans des secteurs de l’armée plus attractifs, plus proches de ses intérêts professionnels ou personnels. S’il continue de refuser, il doit alors confirmer sa volonté d’effectuer un service civil par écrit et dans un délai de quatre semaines. S’il ne respecte pas ce délai, il est automatiquement incorporé dans l’armée.

Cette nouvelle procédure n’a pas tardé à avoir des effets. De février à juin 2011, le nombre de demandes a chuté de 40%. Mais cette baisse est aussi due au fait qu’il est devenu plus difficile d’effectuer un service civil dans les domaines du social et de la protection de l’environnement.

Formation variée

Pour ces deux derniers domaines, le cours préparatoire à Schwarzenburg est obligatoire. Sa durée moyenne est d’une semaine.

En plus de proposer des cours pour s’occuper de personnes âgées ou de handicapés, le centre offre aussi des cours de maniement d’une tronçonneuse, pour ceux qui effectueront leur service civil dans le domaine de la protection de forêts, ou des cours de gestion non violente des conflits. «Ceci est très important pour ceux qui vont servir dans un hôpital ou dans des centres de jeunes, car ils ont l’habitude de ces situations», explique Barbara Wyssbrod, directrice du Centre de formation au service civil.

Comme sur le marché du travail, le service civil propose diverses possibilités qui incluent même des postes à l’extérieur des frontières. Il s’agit de projet d’aide humanitaire dans des pays comme Cuba, le Mexique, l’Argentine, le Burkina Faso ou l’Inde.

Mais pour ces postes à l’étranger, qui ne correspondent qu’à une minorité des candidats au service civil, des qualifications spéciales sont nécessaires. «Beaucoup de jeunes pensent qu’il est facile d’aller à l’étranger, mais nous exigeons des connaissances linguistiques et également des qualifications techniques spéciales», déclare Barbara Wyssbrod.

Pas de but lucratif

La majorité des offres du service civil concernent des hôpitaux, des maisons de retraite, des centres sociaux ou de jeunes. Il peut aussi s’agir d’ingénierie forestière, de protection de l’environnement ou du patrimoine et même d’aide aux agriculteurs.

Mais cette main d’œuvre ne doit pas représenter une concurrence sur le marché du travail. «L’une des exigences que nous avons par rapport aux entités qui demandent l’aide du service civil, c’est que le travail proposé soit d’intérêt public et qu’il ne soit pas effectué à des fins lucratives», souligne Barbara Wyssbrod.

Avec la création du Centre fédéral d’instruction, qui concentre dans ses installations des cours qui étaient jusqu’ici dispensés par huit centres régionaux, le gouvernement a pour objectif de former jusqu’à 4000 jeunes par an.

Une commission plaide le libre choix

Les hommes suisses devraient à l'avenir avoir le libre choix entre service civil et militaire. La commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ) plaide pour cette solution dans un rapport publié lundi.

Selon le document intitulé le contrat citoyen, l'obligation de servir sous les drapeaux devrait être remplacée par une obligation de service militaire ou civil. Chacun pourrait librement choisir mais une clause de sauvegarde permettrait de donner la priorité à l'armée en cas de besoin.

Les deux services seraient de durée égale. L'obligation ne vaudrait pas pour les femmes. Mais le service civil pourrait être ouvert aux étrangers, sous forme volontaire. Ce rapport n'est pas ma proposition mais le fruit de la réflexion de la commission, a affirmé le président de la CFEJ Pierre Maudet.

Ce dernier s'était fait remarquer par ses positions sur l'armée, en plaidant notamment pour une armée de 20'000 hommes. Selon lui, il s'agit d'anticiper un débat qui arrivera de toute façon. Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a en effet lancé une initiative populaire pour l'abrogation du service militaire obligatoire.

Source ATS

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Intérêt en baisse

Selon les chiffres publiés le 22 juillet 2011 par l’agence de presse ATS, l’intérêt pour le service civil est en baisse en Suisse.

Depuis l’entrée en vigueur de nouvelles conditions d’admission, en février 2011, le nombre de candidats acceptés a chuté de 40%.

De février à juin, 1878 candidats ont été acceptés, contre 3218 pour la même période en 2010.

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Traduction du portugais: Olivier Pauchard, swissinfo.ch


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