La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

A la recherche des profils ADN des victimes

Keystone

La police helvétique a commencé à recueillir des échantillons d’ADN afin d’identifier les centaines de Suisses présumés morts dans le désastre en Asie.

Parallèlement, des policiers du monde entier, y compris de Suisse, se réunissent à Interpol, afin de coordonner le processus d’identification des victimes.

Plus d’une semaine après le désastre qui a coûté la vie à plus de 145’000 personnes, des milliers de touristes sont toujours portés disparus en Thaïlande et au Sri Lanka.

Mardi, le président de la Confédération Samuel Schmid a annoncé que des centaines de touristes suisses ont très probablement trouvé la mort, alors que seuls 23 décès sont confirmés pour l’instant.

«Le nombre de victimes suisses est beaucoup plus important que nous ne le pensions. Le 26 décembre, plusieurs centaines de Suisses ont perdu la vie», a notamment déclaré Samuel Schmid lors de sa conférence de presse, mardi dans la ville fédérale.

La plupart d’entre eux étaient en vacances en Thaïlande.

Les listes de la police



Arnold Bolliger, vice-directeur de l’Office fédéral de la police, en charge des relations internationales et des situations de crise, a précisé à swissinfo qu’une première liste de 105 personnes présumées mortes a été envoyée aux polices cantonales.

Les policiers vont maintenant recueillir les éléments indispensables à une identification. Si des objets susceptibles de présenter des particules d’ADN, comme des brosses à dents, ne peuvent être trouvés au domicile des victimes, des échantillons sanguins seront prélevés sur les parents.

Des centaines d’autres noms vont maintenant être ajoutés à la liste initiale dans les prochains jours.

«Nous avons une liste d’environ 420 personnes toujours portées disparues, mais nous attendons encore un jour ou deux, parce que nous sommes pratiquement certains que cette deuxième liste va se raccourcir», explique Arnold Bolliger.

Et d’ajouter que la constitution de profils ADN en Suisse et en Thaïlande, ainsi que la constitution d’une banque de données, tout cela va probablement prendre «des semaines, voire des mois».

Banque de données ADN



Les responsables policiers qui se rencontrent au quartier-général d’Interpol à Lyon, en France, doivent se mettre d’accord sur le lieu où toutes ces informations seront centralisées.

«Une idée serait de se baser en Thaïlande et l’autre dans les services d’Interpol à Lyon», indique encore Arnold Bolliger, qui doit participer à cette rencontre.

«Là-bas, nous avons toutes les installations électroniques indispensables. Mais la décision finale sera prise par le gouvernement thaïlandais.»

Une équipe suisse de 24 spécialistes en médecine légale se trouve en Thaïlande depuis la fin de la semaine dernière. Ils sont en tout 300 experts de 20 pays qui sont chargés de recueillir des échantillons sur des milliers de corps en décomposition.

Les équipes de pathologistes, de dentistes et de policiers n’ont pu véritablement commencer leur travail que mardi, après avoir obtenu l’aval des autorités thaïlandaises sur une approche coordonnée, basée sur les critères d’Interpol.

Une tâche difficile



Beaucoup de corps ne pouvant être identifiés visuellement, il faudra utiliser des informations dentaires et des échantillons d’ADN. C’est-à-dire prélever des dents et du tissu osseux.

Selon le professeur Timothy Harding, directeur de l’Institut de médecine légale de Genève, l’état avancé de putréfaction des corps va certainement compliquer encore cette tâche, déjà difficile en soi, d’identification des morts.

«En l’état actuel, le premier problème qui se pose consiste à distinguer les corps des touristes étrangers de ceux des indigènes, parce que les différences externes, comme la couleur de la peau, ne sont déjà plus décelables», explique-t-il à swissinfo.

«Ainsi, à moins de disposer d’autres indications, comme les vêtements, je peux imaginer qu’il sera difficile de savoir quels cadavres il faut analyser.»

Timothy Harding, qui avait participé à l’identification des 229 victimes du crash de Swissair au Canada, ajoute que la dimension de la tragédie en elle-même implique qu’il sera impossible d’identifier tout le monde.

Ainsi, certaines personnes ont déjà été enterrées ou incinérées, d’autres pourraient simplement ne jamais être retrouvées.

«Tout le monde aimerait qu’il soit possible d’identifier toutes les victimes, afin de garantir à toutes les familles une certaine marge de certitude, dit-il encore. Mais dans une catastrophe de cette échelle, c’est un but impossible à atteindre.»

swissinfo, Adam Beaumont
(Traduction de l’anglais: Isabelle Eichenberger)

– Une première liste de 105 personnes présumées mortes a été envoyée aux polices cantonales.

– Celles-ci vont maintenant recueillir des échantillons d’ADN, dans l’espoir de les comparer avec des échantillons recueillis par les équipes de spécialistes en Thaïlande.

– Le processus devrait prendre des semaines, voire des mois.

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision