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Amnesty International manifeste à Genève et Zurich contre les exécutions capitales aux USA

600 roses remises à la Mission des États-Unis et, sur la Place des Nations, le déroulement d’une liste de 600 personnes exécutées dans ce pays depuis 1977: à Genève, ainsi qu’à Zurich, Amnesty International a mobilisé jeudi ses militants suisses.

600 roses remises à la Mission des États-Unis et, sur la Place des Nations, le déroulement d’une liste de 600 personnes exécutées dans ce pays depuis 1977: à Genève, ainsi qu’à Zurich, Amnesty International a mobilisé jeudi ses militants suisses.

Pour Amnesty International, c’est un triste anniversaire que les États-Unis «fêtent» ces jours-ci, à savoir la 600e exécution d’un condamné à mort depuis que la peine capitale a été réintroduite dans ce pays en 1977, après une parenthèse de quelques années. Ce mois de janvier de l’an 2000 fera peut-être même date dans l’histoire de la justice américaine, puisque 19 exécutions y sont annoncées. La section suisse d’Amnesty International ne pouvait pas rester silencieuse devant ce genre de danse macabre: dans une pétition adressée au président Bill Clinton, elle lui demande d’intervenir pour l’abolition de la peine de mort et l’arrêt immédiat de toutes les exécutions capitales.

Mercredi, deux hommes ont été exécutés par injection mortelle, l’un dans l’État d’Oklahoma, pour le meurtre de cinq personnes en 1984, l’autre au Texas, où il avait été reconnu coupable de l’assassinat d’une femme et de sa fille. L’État du Texas a du même coup signé à lui seul la 200e exécution de son histoire récente.

Plus grave encore et inadmissible, aux yeux d’Amnesty International, est le fait que les États-Unis acceptent de faire passer de vie à trépas des meurtriers responsables de forfaits accomplis alors même qu’ils étaient encore mineurs. Douglas Thomas, exécuté lundi dernier, n’avait que 17 ans lorsqu’il a assassiné les parents de sa petite amie. Idem pour Steve Roach et Glen McGinnis dont l’exécution est également prévue pour ce mois-ci.

«Nous sommes en complet décalage avec le reste du monde», disait l’autre jour le président de la Commission américaine de justice pour les délinquants. Il est vrai que le Pacte international sur les droits civils et politiques interdit toute sentence de mort pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans. Mais lors de la ratification de ce traité qui constitue l’un des fondements universels de la protection des droits de l’homme, le Sénat américain avait rejeté cette clause. Point de vue de Pierre Sané, le secrétaire général d’Amnesty International: «Les politiciens refusent de penser la peine de mort en termes de droits de l’homme, et c’est cela que nous voulons changer: la peine de mort doit être considérée comme une violation du droit à la vie».

Bernard Weissbrodt



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