Armes d’autodéfense pour les troupes suisses à l’étranger: la commission du National dit oui
Faut-il autoriser l’armement des volontaires suisses qui participent à des opérations de paix à l’étranger? Le gouvernement suisse le souhaite. La commission de la politique de sécurité du Conseil national lui apporte son soutien. Décision, en mars.
Faut-il autoriser l’armement des volontaires suisses qui participent à des opérations de paix à l’étranger? Le gouvernement suisse le souhaite. La commission de la politique de sécurité du Conseil national lui apporte son soutien. Décision, en mars.
La question est d’actualité, en Suisse, car la législation en matière militaire interdit la présence à l’étranger de militaires porteurs d’armes. Or les récentes opérations de paix en Bosnie et au Kosovo ont mis en évidence la nécessité, pour les contingents participant à des opérations de paix, de pouvoir assurer leur propre sécurité. Dans le cas du Kosovo, la Suisse a dû placer ses quelque 140 volontaires sous protection d’un bataillon autrichien.
Cet exemple a conduit le gouvernement à revoir le cadre de la participation de la Suisse aux opérations de paix à l’étranger. Il souhaite pouvoir jouer un rôle actif dans le domaine du maintien de la paix. Son rapport de politique de sécurité 2000, approuvé par la chambre du peuple en décembre dernier, s’inspire du principe de la sécurité par la coopération. A cette volonté de contribuer aux efforts de paix et de manifester ainsi sa solidarité avec la communauté internationale répondent des tendances à la non-ingérence et au repli sur soi, comme les deux «non» populaires à l’adhésion à l’ONU en 1986 et à la création d’un contingent de casques bleus en 1994.
Ces deux tendances sont bien présentes dans le débat actuel sur le projet qui vise à autoriser l’armement des volontaires suisses. D’un côté, une très large majorité des partis soutient la politique du gouvernement en faveur d’une présence suisse dans les opérations de maintien de la paix à l’étranger. De l’autre, la droite nationaliste et une partie de la gauche s’y opposent. La droite nationaliste, au nom d’un respect strict de la neutralité. Et la gauche antimilitariste parce qu’elle voit à travers ce projet une sorte de promotion pour l’armée suisse.
Pierre-André Tschanz
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