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Corruption au Kremlin : le témoin-clé de l’affaire Mabetex accuse

Felipe Turover a confirmé jeudi les accusations portées contre l'entourage du président russe Boris Eltsine et les responsables de Mabetex, cette société suisse soupçonnée d'avoir versé de pots-de-vin pour décrocher des contrats publics à Moscou.

Le témoin-clé de l’affaire Mabetex, Felipe Turover, a confirmé jeudi depuis Zurich les accusations portées contre la famille du président russe Boris Eltsine, l’intendant du Kremlin Pavel Borodine et contre les responsables de Mabetex, cette société suisse soupçonnée d’avoir versé de pots-de-vin pour décrocher des contrats publics à Moscou. Des accusations qui contrastent avec le silence observé par Nikolaï Volkov, le magistrat-enquêteur russe qui a travaillé, toute cette semaine, à Berne, avec le procureur suisse Carla Del Ponte et ses collaborateurs.

«Je le confirme, des affaires de corruption ont eu lieu au plus niveau de l’Etat russe». Felipe Turover est donc bien décidé à jouer le rôle de chevalier blanc de la lutte anti-corruption. Au départ, son objectif était clair : dénoncer Franco Fenini, un ancien responsable du département «Russie» de la Banque du Gothard, qui lui aurait fait du chantage pour d’obscures raisons. Selon Felipe Turover, Franco Fenini était l’homme de Mabetex dans la banque. Or Mabetex créditait généreusement les comptes appartenant à l’entourage présidentiel, accuse-t-il. Afin de décrocher d’importants contrats, le patron de cette société de construction suisse graissait la patte de l’intendant en chef du Kremlin, Pavel Borodine, avec la bénédiction évidente de Boris Eltsine, estime Felipe Turover.

Sans ce témoin clé au physique de séducteur méditerranéen, le scandale Mabetex n’aurait peut-être jamais éclaté au grand jour. Il y a de cela un an, cet homme d’affaires russo-espagnol aux origines juives frappe à la porte de Carla del Ponte, le procureur général de la Confédération helvétique. Agé de 35 ans, cet ancien patron d’une société financière spécialisée dans le recouvrement de dettes décide de raconter à la dame de fer du parquet suisse ce qu’il sait sur des affaires de corruption au plus haut niveau de l’Etat russe. Il est même prêt à lui livrer la liste des comptes auxquels des responsables du Kremlin ont accès à la Banque du Gothard à Lugano. Grâce au témoignage qu’il livre ensuite à la justice russe, le parquet de Moscou a de quoi ouvrir une enquête sur cette société : c’est le début de la fameuse affaire Mabetex.

Des preuves, des faits précis, des noms ? Felipe Turover préfère se retrancher derrière le secret de l’instruction. Une attitude qui lui vaut les sarcasmes de la presse russe : c’est un filou, un affairiste professionnel, critiquait récemment un grand quotidien. Felipe Turover, lui, se dit victime d’un lynchage médiatique provoqué par les amis du Kremlin.

Mathieu Jego

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