Genève et Lausanne se disputent le siège de la FIBA
Les deux villes lémaniques présentent, ce jeudi, à Munich des dossiers concurrents devant les responsables de la Fédération internationale de basket-ball (FIBA). A Lausanne, on parle carrément d’une déclaration de guerre genevoise.
Les deux villes suisses distantes de moins de 60 kilomètres sont en compétition avec Berlin, Prague, Munich, Madrid, Andorre et Badalone. Bernard Métraux, responsable des sports de la ville de Lausanne, estime que cette double candidature lémanique «donne une image assez ridicule de la Suisse à l’étranger».
A Genève, on plaide la bonne foi. Le responsable de l’Economie du canton, Carlo Lamprecht, en charge de la candidature genevoise, explique que c’est la FIBA qui a proposé à Genève de se porter candidate: «Depuis une année, les responsables de la Fédération internationale de basket-ball sont venus à plusieurs reprises étudier les possibilités d’installation dans notre canton et je n’ai pris connaissance de la candidature lausannoise qu’il y a quelques semaines».
Le lausannois Bernard Métraux reconnaît que sa ville a hésité avant de se porter candidate et par la même de faire concurrence à Genève. Lausanne était donc prête à accepter que la FIBA puisse retourner dans la ville où elle est née avant-guerre.
Mais ce qui inquiète Lausanne, c’est la volonté apparente de Genève d’attirer d’autres fédérations sportives. Le délégué à la promotion économique de l’Etat de Genève, Robert Kuster a en effet déclaré au quotidien «Le Temps» que son canton espérait également attirer l’Agence mondiale antidopage et d’autres fédérations sportives internationales.
Pour le responsable lausannois des sports, Bernard Métraux, il s’agit «d’une forme de déclaration de guerre du conseil d’Etat genevois». Lausanne, qui accueille déjà le siège de CIO et quatorze fédérations sportives, affirme en effet qu’il existait un accord tacite entre les deux villes. A Lausanne, le sport. Et à Genève, les organisations internationales.
Carlo Lamprecht, responsable de l’Economie du canton de Genève, affirme ne pas être au courant d’un tel accord. Carlo Lamprecht affirme également que son canton n’est actuellement pas candidat pour d’autres sièges de fédérations sportives. Mais il concède que le site proposé pour accueillir la FIBA pourrait abriter d’autres fédérations sportives.
Cette querelle de clocher ferait sourire si elle ne mettait pas en péril l’avenir de toute une région. Selon Bernard Métraux, le canton de Vaud pourrait en effet, à l’avenir, chasser sur le terrain des organisations internationales. Il n’exclut pas également que cette affaire puisse avoir des conséquences négatives sur d’autres collaborations entre les deux villes lémaniques.
Frédéric Burnand
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