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La criminalité s’est mondialisée, mais la justice peine à s’adapter

Face à la mondialisation de la criminalité économique, le juge est désarmé et incapable de poursuivre valablement son travail car il n’y a pas de réelle coopération au niveau international.

Face à la mondialisation de la criminalité économique, le juge est désarmé et incapable de poursuivre valablement son travail car il n’y a pas de réelle coopération au niveau international. Voilà en substance, le message lancé lors d’une réunion internationale consacrée à la justice face au crime.

Organisée par le Forum de Crans-Montana, cette conférence a réuni jeudi et vendredi au Palais des Nations à Genève plus de 150 participants provenant de 65 pays.

Un consensus s’est formé pour demander un renforcement des législations nationales, une harmonisation des multiples lois anti-blanchiment et surtout la mise en place d’un réseau de lutte mondial destiné à accélérer l’entraide judiciaire entre pays. Faute de moyens financiers suffisants, les trois quarts des nations de la planète sont incapables de contrer la criminalité économique. Le temps n’est plus aux discours mais aux faits ont répété divers intervenants.

Pourtant, si l’on prend un peu de recul, on constate que toutes ces belles paroles et ces requêtes ne sont pas nouvelles. En 1996 déjà, le procureur genevois Bernard Bertossa (photo) lançait, avec six autres magistrats européens, un appel pour que la justice ait plus de moyens face à la criminalité internationale. «Les escrocs se déplacent en avion et nous tentons de les poursuivre en vélo» estimait-il à l’époque. En trois ans, la situation ne semble guère avoir évolué: «désormais nous disposons d’un vélo de course», nous a déclaré Bernard Bertossa.

«Ce quasi statu quo est la conséquence du manque de décision des politiciens qui rechignent à prendre les mesures nécessaires», estime Wilmer Parker, ancien procureur américain. Une manière d’indiquer à qui profite le crime. Eric Danon, directeur de cabinet au ministère français des Affaires étrangères est encore plus clair: «la mondialisation a besoin du crime organisé pour se nourrir et se développer». C’est donc le laxisme de certains gouvernements qui est en cause.

Des avis qui ne sont pas partagés par tous. «Les juges, et notamment genevois, sont devenus de véritables ayatollahs, ils ouvrent systématiquement une enquête pour blanchiment d’argent alors que souvent ils n’ont pas le moindre indice concret d’infraction. Résultat, chaque fois que le procureur Bertossa passe en interview sur une télévision francophone, au moins dix français bouclent leurs comptes en Suisse et transfèrent leurs fonds, légalement acquis aux yeux de la loi helvétique, aux Bahamas ou à Monaco», s’emporte un avocat genevois.

Luigino Canal

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