Le ski suisse en panne: faut-il parler de Bérésina?
Didier Cuche 11e chez les hommes et Sonia Nef 5e chez les dames sont les mieux placés des Suisses en Coupe du monde de ski. Mais le bilan général de l’équipe est maigre et décevant. Inventaire de quelques raisons pourtant de ne pas céder à la panique.
Didier Cuche 11e chez les hommes et Sonia Nef 5e chez les dames sont les mieux placés des Suisses en Coupe du monde de ski. Mais le bilan général de l’équipe est maigre et décevant. Inventaire de quelques raisons pourtant de ne pas céder à la panique.
C’était la fête ce week-end à Wengen. La célèbre descente du Lauberhorn avait tous les atouts pour elle: une météo splendide, 18 000 spectateurs payants, la foule des grands jours donc et une ambiance de fête, une piste – la plus longue du circuit blanc – dont il n’est plus nécessaire de vanter les mérites, une organisation à la hauteur de sa réputation, et un magnifique vainqueur, l’Autrichien «Pepi» Strobl.
Et les Suisses dans ce beau décor? Une huitième place partagée par Didier Cuche et Bruno Kernen (photo), tous deux manifestement satisfaits de leurs performances. En d’autres temps, ils auraient versé des larmes, surtout lorsqu’à l’époque des Championnats du monde de Crans-Montana, en 1987, les skieurs et les skieuses suisses ramassaient les victoires à la pelle. Quand les Zurbriggen, Schneider et autres Erika Hess ne montaient pas sur le podium, leurs supporters portaient le deuil. Aujourd’hui, les fans de ski disent ouf! lorsque leurs idoles terminent dans les dix premiers.
Les raisons de ce désenchantement, à court terme, il faut les chercher dans les blessures qui déciment les équipes, notamment chez les filles. «Cela fait mal, dit le nouveau patron du ski suisse, Jean-Daniel Mudry, mais c’est la réalité. Avec les effectifs dont on dispose aujourd’hui, c’est tout ce qu’on peut attendre». Fritz Züger, l’entraîneur des descendeurs reconnaît que la pression sur son équipe est énorme et que son rôle «est d’en préserver les coureurs le plus possible, afin qu’ils puissent travailler en paix». On entend dire que les Suisses n’ont pas le matériel qui apporte les victoires. L’argument est vite balayé. Les athlètes règlent ce genre de problèmes avec leurs fabricants de ski, et pas avec les chefs d’équipe.
En fait, la Fédération suisse de ski a négligé de s’occuper de la relève et s’est reposée sur ses lauriers. Pas étonnant qu’elle accuse aujourd’hui un déficit de plusieurs années. Ce retard ne sera jamais comblé et plutôt que de se lamenter sur les erreurs d’antan, sa nouvelle direction fait un pari sur l’avenir: soutenir efficacement les entraîneurs régionaux, créer des centres permanents d’entraînement, créer un encadrement social, scolaire et professionnel, propice à l’éclosion des jeunes talents, valoriser l’expérience des anciens champions, voilà les objectifs que se donne concrètement la Fédération. «Ces changements sont en cours, précise Jean-Daniel Mudry, les résultats viendront plus tard». On sait à quoi il pense: il avait personnellement dirigé la candidature de Sion 2006 pour les Jeux Olympiques, il fera tout pour que ses troupes, à Turin, gagnent la bataille des pistes.
SRI
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