Le sort d’Helmut Kohl dépend, en partie, de la machine judiciaire suisse
Les demandes d'entraide judiciaire formulées par la justice allemande dans les affaires de pots-de-vin liées à la CDU sont bloquées. La Cour suprême de Nidwald doit se prononcer, le 27 janvier, sur les recours déposés par plusieurs personnes impliquées.
Les demandes d’entraide judiciaire formulées par la justice allemande dans les affaires de pots-de-vin liées à la CDU sont bloquées. La Cour suprême de Nidwald doit se prononcer, le 27 janvier, sur les recours déposés par plusieurs personnes impliquées.
Helmut Kohl est en pleine traversée du désert. La classe politique allemande commence à lui tourner le dos. Et les demandes de démission tombent à mesure que les accusations judiciaires semblent se préciser. Ainsi Michael Luther, chef du groupe parlementaire chrétien-démocrate, vient de demander à l’ex-chancelier allemand de se retirer de la vie politique. Agé de 69 ans, Kohl est aujourd’hui encore président d’honneur de la CDU (Union chrétienne-démocrate), qu’il a dirigée de 1973 à 1998. Il est également député. Helmut Kohl vient de reconnaître avoir reçu de 1,7 million de francs de dons en liquide entre 1993 et 1998, sans les déclarer.
Justement, le sort de Kohl dépend, en partie de la machine judiciaire mise en branle en Suisse. Des fonds occultes ont transité par plusieurs banques helvétiques. Et la justice allemande a déposé plusieurs demandes d’entraide judiciaire. Des demandes concernant seulement les pots-de-vin qui auraient été versés à la CDU pour faciliter la vente de 16 blindés à l’Arabie saoudite. Elles sont, pour l’instant, toutes bloquées, en raison de recours introduits par plusieurs personnes impliquées dans ces affaires.
Ainsi, la Cour suprême de Nidwald doit se prononcer le 27 janvier sur ces oppositions, a indiqué le juge d’instruction Alois Bissig. Les délibérations auront lieu en l’absence des parties et le jugement sera communiqué plus tard. Cette décision peut encore faire l’objet d’un recours au Tribunal fédéral. Si ce devait être le cas, le Ministère public d’Augsbourg en Allemagne devra encore patienter avant de savoir s’il va obtenir les documents demandés. Au total, sept demandes d’entraide judiciaire ont été adressées aux cantons de Nidwald, Zurich, St Gall et Genève.
On sait que les demandes d’entraide judiciaire coordonnées par Nidwald en tant que canton directeur visent notamment le marchand d’armes allemand Karl-Heinz Schreiber et l’ancien secrétaire d’Etat du ministère allemand de la Défense Holger Pfahls. Ce dernier est domicilié à Beckenried , dans la canton de Nidwald, mais a disparu depuis lors. La justice nidwaldienne a cependant pu interroger la femme de Pfahls.
La Suisse a déjà remis au parquet d’Augsbourg plusieurs documents concernant Karl-Heinz Schreiber et Holger Pfahls. Schreiber avait organisé en 1991 la vente de 36 chars allemands à l’Arabie saoudite, opération à l’origine du scandale. Selon la justice allemande, il aurait versé une commission de 3 millions de francs à Holger Pfahls dans le cadre de cette transaction. Karl-Heinz Schreiber aurait également remis en 1991 un «don» de 820 000 francs à Horst Weyrauch, conseiller financier de la CDU. La transaction se serait déroulée en Suisse orientale, en présence de l’ancien trésorier du parti, Walter Leisler Kiep.
Cet argent aurait finalement été versé sur une comptabilité secrète de la CDU, mise en place alors que Helmut Kohl dirigeait la formation. On ignore toujours l’identité des mystérieux donateurs.
SRI avec les agences
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