Limogeage d’un proche de Eltsine: il était impliqué dans l’affaire Mabetex
A Moscou, le président russe par intérim, Vladimir Poutine, fait le ménage. Il a limogé Pavel Borodine (photo), l'un des hauts responsables du Kremlin, soupçonné d'avoir reçu des pots-de-vin d'une entreprise suisse, la Mabetex.
A Moscou, le président russe par intérim, Vladimir Poutine, fait le ménage. Il a limogé Pavel Borodine (photo), l’un des hauts responsables du Kremlin, soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin d’une entreprise suisse, la Mabetex.
Pavel Borodine était l’un des derniers fidèles du clan Eltsine. Pendant six ans, il a servi aux côtés de l’ex-président russe. Devenu intendant en chef du Kremlin, cet incontournable de la semya, la famille présidentielle, était à la tête d’une puissante machine employant des centaines d’employés et brassant plusieurs millions de dollars. De quoi faire tourner bien des têtes.
Si le nouveau président par intérim a décidé de s’en séparer en lui offrant un poste de secrétaire exécutif à l’Union russo-belarusse, une entité plus virtuelle qu’autre chose, c’est pour éviter d’avoir à traîner le boulet de l’affaire Mabetex.
Pavel Borodine est en effet au coeur du scandale. C’est par l’intendant en chef du Kremlin que la société suisse a décroché d’importants contrats de rénovations, dont celui des intérieurs du palais présidentiel. Or la justice russe soupçonne Mabetex d’avoir octroyé des pots-de-vin à l’entourage de Eltsine pour obtenir plus facilement ces juteux marchés. Parmi les heureux bénéficiaires des cadeaux de Mabetex: Pavel Borodine en personne. Certes, il ne serait pas le seul puisque 23 autres membres de l’entourage de l’ex-président sont visés par la justice.
Vladimir Poutine, qui au début du scandale était patron des services secrets, avait alors organisé la mise à l’écart du procureur russe. Il donc est évidemment au courant des moindres détails de l’affaire. Mais pour l’instant seul Pavel Borodine a été sacrifié. Trop exposé, l’intendant en chef du Kremlin pouvait difficilement rester à son poste, alors même que Vladimir Poutine cultive une image d’incorruptible.
Mathieu Jego
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