Loi sur le travail : l’USS dénonce
Les syndicats accusent l'administration fédérale de flexibiliser les conditions de travail sur le dos des travailleurs. Ils exigent qu'on respecte la volonté exprimée par le peuple lors des scrutins relatifs à la révision de la loi sur le travail.
Les syndicats accusent l’administration fédérale de flexibiliser les conditions de travail sur le dos des travailleurs. Par la bouche de son président, Paul Rechsteiner (photo), l’Union syndicale suisse (USS) demande au ministre de l’Economie de corriger sa copie et de respecter la volonté exprimée par le peuple suisse lors de deux récentes votations populaires relatives à la révision de la loi sur le travail.
Cette controverse a des origines lointaines. Dans les années 80 déjà, les milieux de l’économie réclamaient une révision de la législation sur le travail, qui date du tout début des années septante. Principal enjeu : assouplir
l’interdiction absolue de faire travailler les femmes la nuit.
Après des années de dialogue de sourds, une solution se dessine enfin au début des années nonante, avec l’accord des partenaires sociaux. Accord sur l’égalité de traitement hommes-femmes, sur les dérogations à l’interdiction du travail de nuit, et sur un assouplissement de la législation sur le travail, en échange d’une meilleure protection des travailleurs, en particulier de ceux touchés par le travail de nuit.
Le projet est mis à mal par les milieux patronaux au parlement. Combattu par une large coalition, il échoue en votation populaire en décembre 1996. On en retire alors les points controversés, en particulier une autorisation limitée du travail du dimanche. Et, cette fois, le peuple donne son accord. On est en novembre de l’année dernière. La nouvelle loi sur le travail est donc prête.
Le cri d’alarme des syndicats, aujourd’hui, tient au fait que le Secrétariat d’Etat à l’économie s’est écarté, aux yeux des syndicats, de la volonté populaire dans les projets d’ordonnances de la loi sur le travail qu’il a mis en consultation. Les insuffisances relevées par les syndicats sont nombreuses et importantes. Elles concernent le travail de nuit et du dimanche, le travail temporaire, le travail supplémentaire, le travail sur appel. Berne, dénoncent les syndicats, veut «américaniser» les conditions de travail.
Pierre-André Tschanz
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.