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Marché hospitalier : avenir prometteur pour une invention genevoise

Anemon-I, l'invention du biologiste Emmanuel Cohen-Laroque, pourrait connaître un nouveau développement. Après le marché de l’anesthésie, le fabricant de ce système de monitorage cardio-vasculaire convoite celui des soins intensifs, riche de 10 milliards.

Anemon-I, l’invention du biologiste Emmanuel Cohen-Laroque, pourrait connaître un nouveau développement. Après le marché de l’anesthésie, le fabricant de ce système de monitorage cardio-vasculaire convoite celui des soins intensifs. Un marché de 10 milliards de francs.

Cet appareil, mis au point il y a trois ans environ, a déjà été adopté par une quarantaine d’hôpitaux, en Europe occidentale et au Japon. Ce succès a permis à Emmanuel Cohen de créer la MCSA Medical Control SA à Plan-les-Ouates, une société qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 250’000 francs.

Mais, aujourd’hui, l’entreprise genevoise veut aller plus loin. Elle cherche à lancer une nouvelle version de l’Anemon-I, qui serait active également sur le marché des soins intensifs. Selon Emmanuel Cohen, dans l’ensemble des pays occidentaux, on compte 400’000 à 500’000 lits réservés aux soins intensifs. Si chacun d’entre eux nécessitait un Anemon-I de seconde génération, le marché convoité pourrait représenter quelque 10 milliards de francs.

Mais avant de s’y lancer, Medical Control va mener avec l’Hôpital cantonal universitaire de Genève (HUG) un projet de recherche d’une durée de deux ans, dont le coût s’élève à près d’un million de francs. Un projet qui sera co-financé par la Confédération et par la société de Plan-les-Ouates. Une joint-venture a, d’ailleurs, récemment été créée à cet effet.

D’après le professeur Jean-Claude Chevrolet, cette recherche concerne les patients sous ventilation mécanique prolongée et sous intubation trachéale. Des malades, dont les défenses naturelles sont sérieusement mises à mal par la présence du tube, et qui risquent de développer des infections nosocomiales, acquises en milieu hospitalier. Plus la durée de la ventilation mécanique est longue, plus ce risque d’infection est important. Ainsi, une anesthésie de huit jours provoque des infections chez dix pour cent des malades et, si la ventilation est prolongée d’une semaine supplémentaire, cette proportion passe à 40 pour cent.

Or, une pneumonie nosocomiale coûte en moyenne 35’000 francs et entraîne un risque de surmortalité de 20 à 30 pour cent. Et, dans le même ordre d’idée, une sédation trop lourde peut mener à un réveil trop long. Ce qui peut se révéler néfaste pour le corps humain et coûteux sur le plan financier. C’est pourquoi l’un des buts du projet de recherche est de parvenir à une réduction de la durée de la narcose, notamment dans le but de diminuer ce taux d’infection. En fait, d’une manière générale, le corps médical serait satisfait s’il pouvait savoir si la quantité de drogues administrée à un patient est adéquate, insuffisante ou excessive. Et cela de manière instantanée grâce à Anemon-I.

Philippe Zutter

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