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Mohamed Al Fayed a quitté Genève pour Monaco

Le milliardaire a trouvé un havre fiscal plus adapté à ses besoins. Keystone Archive

La nouvelle loi genevoise sur les droits de succession a incité le milliardaire à s’exiler à Monte-Carlo où il bénéficie d’une fiscalité plus attrayante.

L’Egyptien n’aura résidé qu’un an et demi en Suisse, d’abord dans un simple hôtel trois étoiles, puis dans un somptueux appartement.

Au printemps 2003, après avoir tenté pendant plusieurs années, en vain, d’obtenir le passeport britannique et de se faire accepter par “l’establishment” anglais, Mohamed Al Fayed avait choisi de s’établir à Genève.

«Je quitte l’Angleterre déçu après y avoir vécu trente-cinq ans», expliquait-il. C’est notamment la décision du fisc britannique de mettre un terme à l’arrangement fiscal dont il bénéficiait qui l’a poussé à l’exil.

Comme il possède des bureaux à Genève et qu’il apprécie la ville, il décide d’y vivre avec sa femme et ses enfants.

Résident dans un hôtel

Dans un premier temps, selon les documents de l’Office cantonal de la population, le milliardaire élit domicile à l’Hôtel Suisse, situé sur la place Cornavin, en face de la gare.

Un établissement certes confortable mais un simple trois étoiles. On est loin du prestigieux Ritz, le palace parisien que Mohamed Al Fayed a acquis en 1979. En fait, cette adresse genevoise est surtout destinée à officialiser son arrivée pour l’administration cantonale en attendant d’acquérir une demeure.

Mais l’homme d’affaires a dormi de nombreuses nuits dans une suite de cet hôtel car, même pour un milliardaire, la recherche d’un logement au bout du lac Léman n’est pas simple.

Un appartement de 450 m2

Après de multiples péripéties et la visite de plus d’une dizaine de propriétés à vendre à Cologny et Vandoeuvres, Mohamed Al Fayed se résout à louer un somptueux appartement de 450 m2 proche de l’église russe, dans un petit immeuble de cachet, chic et discret.

Les boîtes aux lettres sont ainsi dissimulées dans une sorte de petite armoire masquée par des portes de couleur pierre.

Son appartement est à peine aménagé à ses goûts, lorsque Mohamed Al Fayed reprend ses valises pour aller s’établir dans la Principauté de Monaco.

La raison de ce brusque revirement se trouve dans la modification de la loi cantonale sur les droits de succession. Votée par le Grand Conseil en juin 2003, puis acceptée par les Genevois à la fin de l’an dernier, cette nouvelle loi est entrée en vigueur en juin 2004.

Le texte supprime l’impôt sur les successions en ligne directe mais, fruit d’un compromis typiquement helvétique, cette exemption ne s’applique pas aux contribuables bénéficiant d’un forfait fiscal, une facilité octroyée aux étrangers sans activités lucratives en Suisse.

C’est le cas du milliardaire égyptien qui, selon nos informations, payait au fisc genevois un montant plutôt élevé.

«Lorsque mon client a constaté que les personnes imposées au forfait devaient verser entre 4 et 6% d’impôt successoral en ligne directe, il a décidé, dans le cadre d’une saine planification successorale, de quitter Genève», confirme Dante Canonica, l’avocat qui s’est occupé de l’installation de l’homme d’affaires dans la cité de Calvin.

Le préfixe “Al” rajouté

Mohamed Abdel Moneim Ali Al Fayed, qui fêtera ses 72 ans le 27 janvier prochain, a donc préféré la chaleur du sud de la France où il possède un magnifique yacht qui croise en Méditerranée et la fiscalité nettement plus avantageuse de Monte-Carlo.

Propriétaire depuis 1983 du célèbre magasin londonien Harrods, qui a triplé ses bénéfices l’an dernier, il possède aussi une propriété dans le Surrey, un château en Ecosse et une villa à Saint-Tropez.

Né à Alexandrie, son vrai nom est en fait simplement Fayed, le préfixe “Al” a été rajouté. Dans le monde arabe il signifie “le”, il est attribué à l’aîné de la famille mais il ne figure pas sur les documents officiels.

swissinfo, Luigino Canal

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