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Opérations de paix: Berne veut régulariser le port d’armes pour les soldats suisses

Le gouvernement va soumettre prochainement au parlement un projet de révision de la loi afin de permettre à des soldats suisses participant à des opérations de paix d’assurer leur propre défense. Mais ce projet irrite antimilitaristes et neutralistes.

Le gouvernement va soumettre prochainement au parlement un projet de révision de la loi afin de permettre à des soldats suisses participant à des opérations de paix d’assurer leur propre défense. Mais ce projet irrite antimilitaristes et neutralistes.

La législation suisse, aujourd’hui encore, interdit la présence de militaires en armes en dehors des frontières nationales. Et si cela n’a pas empêché la Suisse d’apporter sa contribution à des opérations de paix, sous forme de volontaires non armés en Namibie, au Sahara occidental ou plus récemment en Bosnie, il est clair pour bon nombre de gens que cette interdiction est aujourd’hui dépassée. Car elle signifie que d’autres doivent assurer la sécurité des volontaires suisses à l’étranger. C’est ainsi que, l’été dernier, il a fallu intégrer à un bataillon mécanisé autrichien le contingent de volontaires que la Suisse a mis à disposition de la Force internationale de paix au Kosovo.

Cette présence s’inscrit dans la nouvelle politique de sécurité de la Suisse, qui a reçu un très large appui du parlement en décembre dernier. Intitulée «la sécurité par la coopération», elle met l’accent sur une participation active de la Suisse aux opérations de paix de l’ONU ou de l’OSCE. Fort de cet appui, le gouvernement va donc soumettre tout prochainement au parlement un projet de modification de la législation, dans le but de permettre aux volontaires suisses à l’étranger de porter les armes nécessaires à leur propre protection. N’oublions pas que dans le cas du Kosovo précisément, il a fallu jongler avec la loi pour permettre à une douzaine de gardes-fortifications d’assurer la sécurité d’hélicoptères suisses en Albanie ou aux membres du contingent suisse au Kosovo de porter un pistolet ou un fusil.

Cette nouvelle politique de sécurité et ces adaptations législatives seront combattues par les fondamentalistes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Tout à droite, les milieux nationalistes et neutralistes considèrent contraire à la neutralité l’engagement hors des frontières de troupes suisses, qu’elles soient armées ou non. Tout à gauche, les antimilitaristes appellent de leurs voeux une politique de paix sans dimension militaire et voient dans ce projet gouvernemental une manoeuvre visant à légitimer l’armée en Suisse plutôt qu’à promouvoir la paix à l’étranger.

Pierre-André Tschanz.

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