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Présidence russe: un candidat qui s’était attaqué aux ramifications suisses des scandales du Kremlin

Iouri Skouratov, ancien procureur général de Russie, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. En collaboration avec la justice suisse, il avait lancé plusieurs enquêtes sur des affaires de corruption touchant l’entourage de Boris Eltsine.

Iouri Skouratov (photo d’archive), ancien procureur général de Russie, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. En collaboration avec la justice suisse, il avait lancé plusieurs enquêtes sur des affaires de corruption touchant l’entourage de Boris Eltsine.

Principal atout du candidat Skouratov: l’image de guerrier anti-corruption qu’il s’est forgée principalement l’année dernière. Une image extrêmement positive en Russie où les habitants en ont assez de cette économie de pots-de-vin et de dessous-de-table qui empêche le développement normal des règles du marché.

C’est en s’attaquant à un gros, très gros poisson que le chevalier Skouratov a gagné ses lettres de noblesse. Alors procureur général, le premier magistrat de Russie a osé défier le saint des saints, s’en prenant au Kremlin et à l’entourage du tsar Eltsine. Il ouvre notamment un dossier bien compromettant, celui de l’affaire Mabetex, cette désormais fameuse société suisse spécialisée dans la rénovation de bâtiments. L’entreprise de construction aurait versé plusieurs pots-de-vin à Pavel Borodine, un fidèle du président russe, responsable de la gestion des biens du Kremlin. Objectif: obtenir en contrepartie le juteux marché de la réfection des intérieurs du palais présidentiel.

Autre scandale mis à jour par Iouri Skouratov: une affaire de détournement d’argent via la Suisse encore une fois et impliquant des dirigeants de la compagnie aérienne Aeroflot et l’éminence grise du Kremlin Boris Berezovski. Tout cela fait un peu beaucoup aux yeux du pouvoir qui décide d’organiser la mise à l’écart de cet empêcheur de tourner en rond. Ironie du sort, c’est un certain Vladimir Poutine, alors chef des services secrets, qui est chargé de salir la réputation du chevalier blanc de la lutte anti-corruption.

Lors de la présidentielle, Iouri Skouratov sera donc opposé à son ennemi intime, par ailleurs grand favori des sondages. Même si ses chances sont minces, l’ex-procureur souhaite y prendre part, histoire sans doute de venger son honneur en rendant publics, peut-être, à cette occasion d’autres dossiers compromettants pour le Kremlin.

Mathieu Jego

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