Sommet européen de Lisbonne: un test pour Schüssel avant sa visite en Suisse
Les dirigeants des Quinze tiennent jeudi et vendredi un sommet extraordinaire à Lisbonne, le premier depuis l’ostracisme imposé à l’Autriche par ses partenaires. Une étape clé pour le chancelier autrichien qui sera reçu en Suisse dans une semaine.
Les dirigeants des Quinze tiennent jeudi et vendredi un sommet extraordinaire à Lisbonne, le premier depuis l’ostracisme imposé à l’Autriche par ses partenaires. Une étape clé pour le chancelier autrichien qui sera reçu en Suisse dans une semaine.
Le Sommet de Lisbonne est consacré à l’emploi, aux réformes économiques et à la cohésion sociale. Le Portugal, qui préside l’Union ce semestre, a fait de ces thèmes la priorité de son mandat. Mais la crise autrichienne promet d’accaparer l’attention et de peser sur l’atmosphère des discussions.
Ces derniers jours le gouvernement autrichien a tout fait pour que les Quatorze annoncent à Lisbonne la levée de leurs sanctions bilatérales. Tout, sauf la remise de sa démission. Sur le plan interne, le chancelier Wolfgang Schüssel a tenté d’obtenir un front commun. Sans succès: les partis d’opposition, écologistes et sociaux-démocrates, ont refusé de s’associer à une démarche commune dénonçant l’attitude de l’Union européenne.
Sur la scène internationale, le gouvernement autrichien a saisi toutes les occasions pour miniminer les conséquences de son isolement et laisser entrevoir une normalisation. La ministre des Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, a notamment tenu ce discours lors de sa visite en Suisse il y a deux semaines. La doctrine de Vienne consiste à démontrer que les mesures sont injustes et contraires aux traités européens, mais surtout qu’elles pénalisent davantage l’Union que l’Autriche.
En corollaire, le gouvernement autrichien met en avant ce qu’il considère comme la division des Quatorze face au maintien des mesures. La France et la Belgique seraient les seuls défenseurs d’une ligne dure. La Finlande et l’Italie seraient pour la reprise du dialogue.
A Lisbonne, Wolfgang Schüssel a obtenu le droit d’évoquer la crise avec ses homologues européens lors du dîner de jeudi. Mais le débat risque de tourner court. Le Premier ministre portugais Antonio Guterres a promis une réponse «ferme et succinte», manière de faire savoir qu’un déblocage est hautement improbable.
Sauf coup de théâtre, lorsqu’il se rendra le 31 mars en Suisse, le chancelier Wolfgang Schüssel sera donc toujours isolé au sein de l’Union européenne.
Thierry Zweifel, Lisbonne
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