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Suisse-USA: Ce qui a changé en quatre ans

L'Empire State Building illuminé aux couleurs de la Suisse, au moment de son entrée à l'ONU. Keystone

Pendant les années de la présidence Bush, la Suisse et les Etats-Unis ont renforcés leurs liens, notamment dans la lutte contre le terrorisme.

Mais les tracasseries administratives se sont multipliées, aussi bien pour les touristes que l’industrie d’exportation suisses.

Durant ces quatre dernières années, l’administration Bush a mis les bouchées doubles pour renforcer les mesures de sécurité et protéger le pays de nouveaux attentats.

Depuis fin septembre, chaque Suisse qui entre aux Etats-Unis doit donner ses empreintes digitales et se faire photographier. Ces exigences étaient déjà appliquées dès le mois de janvier pour les étrangers porteurs de visas.

De manière à pouvoir satisfaire les exigences américaines, la Suisse a décidé d’introduire, même si ce n’est pour le moment qu’à titre expérimental, le passeport aux données biométriques.

Au cours de ces dernières années, obtenir un visa pour les Etats-Unis, s’est avéré toujours plus difficile et plus long.

«Trois personnes que j’avais invitées à venir aux Etats-Unis pour participer à un colloque ont renoncé au déplacement parce qu’elles n’étaient pas disposées à répondre aux nombreuses questions personnelles posées par les autorités américaines lors de la demande d’un visa», explique Katharina Vogeli, directrice de «Swiss foundation for world affairs».

Sis à Washington, cet institut, financé par le secteur privé, a organisé durant ces quatre dernières années, des rencontres et des conférences pour promouvoir des échanges d’idées et de points de vue entre la Suisse et les Etats-Unis.

Lutte contre le terrorisme

Mais les divergences d’opinion n’ont pas freiné la consolidation des liens entre les deux pays, surtout dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

En fait la Suisse a collaboré concrètement aux enquêtes dans ce domaine. Elle a aussi contribué à l’arrestation de personnes soupçonnées d’avoir pris part à des attentats.

Preuve en est l’affaire des téléphones mobiles de Swisscom, mis sur écoute par les enquêteurs et qui ont permis de mettre la main sur Khalid Cheik Mohammed, accusé d’être impliqué dans les attaques du 11 septembre 2001 et interpellé au Pakistan.

Un «Operative Working Arrangement» a été signé entre les deux pays. Il permet une collaboration plus étroite entre les autorités suisses et américaines. Cette collaboration devrait aussi continuer après les élections présidentielles du 2 novembre prochain, ceci indépendamment de qui occupera la Maison Blanche.

Le respect du droit international

Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que le 10 septembre 2002, la Suisse est devenue membre de l’ONU et, tout au long de la crise irakienne, Berne a insisté sur la nécessité de respecter le droit international.

Ainsi, lorsque le scandale des tortures infligées aux prisonniers irakiens dans la prison d’Abu Grahib a éclaté au grand jour, les autorités helvétiques ont demandé aux Etats-Unis de faire toute la lumière sur cette affaire.

Dans le domaine de l’économie, les importations de marchandises suisses vers les Etats-Unis sont aussi devenues plus compliquées et bureaucratiques.

Les Américains ont intensifié les contrôles douaniers pour ne pas encourir le risque que des marchandises suspectes entrent sur leur territoire. Chaque produit importé doit répondre à des critères précis et extrêmement sévères.

La plaie des fonds juifs a été pansée

Durant ces quatre dernières années, l’Ambassade suisse de Washington s’est engagée à fond pour
panser la plaie ouverte après l’affaire des fonds juifs. L’organisme de promotion « Présence suisse » a aussi mis au point plusieurs projets.

Il a ainsi invité en Suisse des journalistes, des scientifiques et des politiciens afin de mieux leur faire connaître le pays. Un fil direct relie aussi un groupe de parlementaires américains et leurs collègues suisses.

«J’avais l’intention d’organiser une entrevue entre les deux groupes parlementaires pour évoquer les problèmes qui existent entre nos deux pays. La rencontre n’a finalement pas eu lieu car les Américains considèrent que les rapports sont excellents et ils n’en voyaient pas la nécessité», explique Mme Vogeli à swissinfo.

Enfin dans le domaine de la culture, à New York «Swisspeaks» s’efforce de faire connaître la créativité helvétique au public américain. Une «Swiss House» a été inaugurée à Boston et une «Swissnex» à San Francisco.

En partie financées par des privés, les deux institutions se veulent un pont entre les mondes scientifique, culturel et économique des deux nations.

swissinfo, Anna Luisa Ferro Mäder, Washington
(Traduction et adaptation de l’italien: Gemma d’Urso)

70’994 Suisses résidaient aux Etats-Unis en 2003.
Les exportations suisses aux Etats-Unis ont diminué de 17,4 milliards de francs en 2000 à 14,6 milliards en 2003.
Les importations américaines en Suisse ont chuté de 10,2 milliards de francs en 2000 à 6,6 milliards en 2003.

– La Suisse a fait preuve d’une grande souplesse dans la lutte contre le terrorisme.

– Les procédures d’entrée aux Etats-Unis sont devenues plus sévères, autant pour les personnes que pour les marchandises. Ceci a suscité des réactions de mauvaise humeur en Suisse.

– Indépendamment de qui gagnera les élections présidentielles de novembre, l’intense coopération entre la Suisse et les Etats-Unis ira de l’avant.

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