Tchétchénie: revirement des parlementaires du Conseil de l’Europe
Une délégation de parlementaires du Conseil de l'Europe - dont le suisse Andreas Gross - s'est rendue dans le Caucase. A l'issue d’une visite dans les zones de conflit, elle estime qu'il n'y a pas lieu de prendre des sanctions contre la Russie.
Une délégation de parlementaires du Conseil de l’Europe – dont le socialiste suisse Andreas Gross – s’est rendue dans le Caucase. A l’issue de deux jours de visite dans les zones de conflit, elle estime qu’il n’y a pas lieu de prendre des sanctions contre la Russie.
Le revirement est presque spectaculaire. Lord Russel Johnston (photo), le président de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, avait fait une entrée fracassante lors de son arrivée dimanche soir dans la capitale russe, évoquant, l’air menaçant, de possibles mesures de rétorsion contre la Russie. Changement de ton ce jeudi: «nous ne recommandons pas de prendre des sanctions contre Moscou», a affirmé le patron de le délégation européenne.
Il faut dire que le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov avait tenu à mettre les points sur les i dès le départ: «ce n’est pas la peine de venir jusqu’ici pour prendre des mesures contre la Russie», avait-il lancé en substance.
De plus, les organisateurs russes de la mission ont soigneusement préparé la visite de la délégation. Tout a commencé par une longue entrevue avec le président par intérim, Vladimir Poutine, qui paraît-il a fortement impressionné les parlementaires. Puis lord Russel Johnston a foulé le sol caucasien au Daguestan, une république voisine de la turbulente Tchétchénie, où la population locale est notoirement remontée contre les séparatistes.
Une mise en condition anti-tchétchène efficace avant la petite incursion prévue à Goudermes, une ville située dans la république indépendantiste, mais en territoire dit libéré, loin en tout cas des bombardements de l’armée russe qui ont atteint leur paroxysme sur la capitale.
Résultat, les membres de la délégation n’ont quasiment rien trouvé à redire, lançant seulement du bout des lèvres un appel à un cessez-le-feu et à des négociations. En fait, plus généralement, la communauté internationale ne semble pas prête à condamner ouvertement et surtout pénaliser la Russie, dont le statut de puissance en haillons continue d’inquiéter les chancelleries occidentales.
Mathieu Jego
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