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Tirer les leçons des erreurs médicales

Selon une étude, les erreurs médicales tuent 2000 à 3000 patients chaque année. Keystone

Dans l’aviation, les incidents sont enregistrés pour empêcher qu’ils se répètent. Le gouvernement songe à appliquer ce système à la médecine.

Pour défendre les droits des patients, une banque de données centraliserait les erreurs médicales et leur dénonciation serait obligatoire.

La journée des malades de dimanche est placée cette année sous le signe de l’information avec le slogan «Questionner… ça soulage».

De son côté, le président de la Confédération s’est associé à cette journée. Samedi, Samuel Schmid a notamment invité les patients à ne pas s’enfermer dans la solitude et le mutisme.

Les patients ont le droit d’accepter ou de refuser un traitement, mais ils doivent confier leurs interrogations aux médecins. Samuel Schmid a ensuite salué le travail du personnel soignant, qui oeuvre souvent dans des conditions de travail difficiles et stressantes, d’autant plus que la situation financière se précarise.

Améliorer la sécurité des malades

Cette journée des malades a aussi été l’occasion pour la NZZ am Sonntag de révéler que la Confédération fait pression pour améliorer la sécurité des malades.

En créant une banque de données centrale des erreurs médicales, avec obligation pour les hôpitaux d’annoncer les incidents. L’objectif est que toutes les institutions profitent aussi des enseignements des erreurs survenues ailleurs.

Ces dernières années, plusieurs erreurs médicales ont alimenté la polémique. Comme à Zurich, l’histoire de cette patiente morte pour avoir reçu un cœur dont le groupe sanguin était incompatible.

L’hebdomadaire zurichois rappelle qu’en 2000, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait avancé que, chaque année, de 2000 à 3000 patients mourraient en Suisse des suites d’une erreur médicale.

En fait, l’OFSP avait extrapolé les résultats d’une étude américaine, car il n’existe pas de registre central des incidents en Suisse. Or, depuis 1996, avec la loi sur l’assurance maladie (LAMal), le gouvernement a le devoir de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.

Un système centralisé

Il s’agit donc de mettre sur pied en Suisse un système reconnu sur le plan international, baptisé le «Critical Incident Reporting», et qui signifie que tous les membres du personnel soignant doivent pouvoir signaler une faute ou un manque avec un formulaire ad hoc.

Une banque de données qui réunirait toutes les informations dispersées dans les divers hôpitaux. L’idée première n’étant pas de créer un tribunal pour les membres fautifs du corps médical, mais bien plutôt que tous tirent les enseignements des erreurs pour qu’elles ne se reproduisent pas. Et donc de réduire le nombre de victimes accidentelles.

Cette année encore

Précision également apportée par la NZZ am Sonntag, citant Manfred Langengger, de l’OFSP: «Nous ne voulons pas dénoncer ni punir mais partager l’information et ouvrir le dialogue avec le personnel médical pour que tous tirent les enseignements des erreurs enregistrées».

Le gouvernement est décidé à avancer rapidement dans ce dossier, une procédure de consultation devrait être ouverte cette année encore à l’échelle nationale.

La Fondation pour la sécurité des patients, créée en 2003 par le Conseil fédéral et les associations professionnelles, pourrait par exemple jouer un rôle-clé dans l’établissement et la gestion d’une banque de données des erreurs médicales.

swissinfo

Une étude a indiqué en 2000 que les erreurs médicales tuaient de 2000 à 3000 patients chaque année.
Le «Critical Incident Reporting» signifie que tous les membres du personnel soignant doivent pouvoir signaler une faute ou un manquement par écrit à l’aide d’un formulaire.
Berne est déterminé à créer une banque de données nationale des erreurs afin que tous les membres du corps médical en tirent les leçon.
Une procédure de consultation devrait être lancée cette année encore.

– La journée des malades de dimanche est placée sous le signe de l’information avec le slogan «Questionner… ça soulage».

– Le président de la Confédération Samuel Schmid a transmis un message d’espoir aux malades et remercié le personnel soignant.

– De son côté, l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) a appelé le parlement à ne pas envisager les soins uniquement sous l’angle des coûts.

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