TPI: la Suissesse Carla Del Ponte réclame plus d’arrestations
La procureure du TPI a entamé à Paris une tournée des principales capitales occidentales. Elle a besoin de l'appui des gouvernements et des militaires français, britanniques et américains pour pouvoir arrêter les "gros poissons" recherchés par le TPI.
La procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a entamé, mardi, à Paris, une tournée des principales capitales occidentales. Carla Del Ponte (à sa droite, le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine et à sa gauche, celui de la défense Alain Richard) a besoin de l’appui des gouvernements et des militaires français, britanniques et américains pour pouvoir mettre enfin la main sur les «gros poissons» recherchés par le TPI.
Carla Del Ponte nous le confiait récemment: si le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie est une institution qui tourne à plein régime, il n’en demeure pas moins handicapé par l’absence d’une police lui permettant de rechercher et d’arrêter les accusés. Sur ce point, la procureure dépend du bon vouloir des Etats. C’est dans ce cadre qu’il faut placer la série d’entretiens qu’elle vient d’entamer à Paris.
En deux jours, Carla Del Ponte rencontre les ministres des Affaires Etrangères, de la Justice, de la Défense, ainsi qu’une brochette de militaires. Son message aux officiers sera sans équivoque: adoptez une politique active d’arrestation des suspects, et livrez nous Radovan Karadzic, l’ancien président de la République Serbe de Bosnie, accusé deux fois de génocide, sans doute réfugié dans la zone sous contrôle français. Sur place, nombre de témoignages laissent penser que les troupes françaises manquent encore trop souvent à leurs obligations d’arrêter les accusés qu’ils croisent, parfois même à la terrasse de certains cafés.
Dans le courant janvier, la procureure portera la même parole au Quartier général de l’OTAN, puis à Washington et à Londres. En Grande-Bretagne, elle trouvera des oreilles attentives: les troupes anglaises sont en effet les plus actives en Bosnie à monter de véritables opérations commando pour arrêter les suspects de crimes de guerre.
Alain Franco
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