Un dernier hommage à la skieuse Corinne Rey-Bellet
Abattus dimanche dernier, l'ancienne championne de ski Corinne Rey-Bellet et son frère Alain ont été ensevelis vendredi après-midi à Val d'Illiez, en Valais.
Membres ou amis de la famille, simples quidam ou personnalités du monde sportif et politique, ils étaient nombreux à s’être déplacés pour leur rendre un ultime hommage.
Environ 600 personnes étaient réunies vendredi dans l’église de Val d’Illiez pour dire adieu à l’ex-championne de ski et à son frère.
«Nous ne devrions pas être ici en cette fin d’après-midi, a déclaré le curé. Il n’est pas normal que des personnes meurent à cet âge, de manière aussi dramatique. Cherchons la force qui ne nous laissera pas nous enliser dans la rancune et le désespoir.»
La cérémonie s’est déroulée en présence du père des deux victimes, mais en l’absence de leur mère, toujours hospitalisée dans un état stable. Le fils de Corinne Rey-Bellet âgé de deux ans et demi n’a pas assisté aux obsèques. En revanche des représentants de la famille de Gerold Stadler étaient apparemment présents.
«Le chrono s’est arrêté»
Plusieurs personnalités du ski suisse se sont également retrouvées dans la petite église de Val d’Illiez dédiée à Saint-Maurice. Parmi elles Pirmin Zurbriggen, Marie-Thérèse Nadig, Erika Hess, Steve Locher ou William Besse. Sylviane Berthod et Chantal Bournissen ont uni leurs voix pour un touchant adieu à leur amie.
«Le chrono s’est subitement arrêté. Corinne, tous ceux qui te connaissent savent que tu remonterais pour passer le portillon, ont-elle notamment déclaré non sans émotion. «Toute la grande famille du ski s’associe à votre chagrin», ont-elles ajouté à l’intention de la famille.
«Nous nous réjouissions de ton mariage avec Sandra. Mais la folie a brisé tout ces rêves de bonheur», ont pour leur part déclaré les collègues de l’école de ski, dans leur hommage au frère de Corinne, Alain. Ce dernier aurait dû se marier vendredi.
A l’issue de la cérémonie qui a duré un peu plus d’une heure, la population et les amis ont rendu les honneurs au défunt. Les quelque 200 personnes réunies à l’extérieur de l’église se sont ainsi jointes en une longue procession, à celles qui avaient pu suivre la cérémonie à l’intérieur.
Un mobile qui reste inconnu
L’ancienne championne de ski Corinne Rey-Bellet, 34 ans, avait été abattue dimanche soir par son mari au domicile de ses parents aux Crosets. Gerold Stadler a aussi tué le frère de la skieuse et grièvement blessé sa mère. Il a été retrouvé mort mercredi soir, environ 36 heures après qu’il se fut suicidé.
Son mobile reste inconnu. Après la fusillade, il aurait téléphoné à son père, a déclaré vendredi dans le quotidien valaisan Le Nouvelliste le président de Val d’Illiez, Philippe Es-Borrat. Ce dernier ne connaissait en revanche pas le contenu de cette conversation.
swissinfo et les agences
– Dimanche, l’ex-championne de ski Corinne Rey-Bellet et son frère sont tués par balles dans le chalet familial des Crosets, en Valais.
– Lundi, le juge chargé de l’instruction accuse Gerold Stadler, mari de la défunte, banquier saint-gallois et major de l’armée suisse.
– Mercredi, la police retrouve le corps du fugitif près de Villars, dans le canton de Vaud. Sa mort remonterait à plus de 36 heures.
– Jeudi, la police confirme que le tueur présumé s’est suicidé avec son pistolet d’ordonnance. Mais le mobile du drame reste inconnu.
Corinne Rey-Bellet était née le 2 août 1972 à Val d’Illiez.
Spécialiste des épreuves de vitesse, elle avait remporté cinq courses de Coupe du monde (trois descentes et deux Super-G), dont un doublé inédit le même jour à Sankt-Anton en janvier 1999.
Toujours en Coupe du monde, elle était montée une quinzaine de fois sur le podium, entre 1999 et 2003.
En 2003, elle avait décroché l’argent dans la descente des championnats du monde à St Moritz, juste avant de mettre un terme à sa carrière sportive.
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