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Violences israélo-palestiniennes: l’ONU et la Suisse appellent au calme

C'est la rage au coeur que les manifestants palestiniens se sont mesurés aux militaires israéliens pour la troisième journée consécutive. Keystone

Le feu des violences, qui s'est allumé sur le Mont du Temple à Jérusalem, s'est propagé samedi à l'ensemble de la Cisjordanie et la bande Gaza. Le Conseiller fédéral Joseph Deiss a exprimé sa très vive préoccupation.

Toute la question est de savoir maintenant si le cessez-le-feu, décrété samedi en fin d’après-midi par les chefs de la police palestinienne et le chef d’état-major de l’armée israélienne, tiendra suffisamment longtemps pour éviter le pire: un dérapage incontrôlé des violences.

La Suisse, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Joseph Deiss, a soutenu les appels lancés aux deux parties par le secrétaire général de l’ONU. Kofi Annan avait téléphoné vendredi soir au Premier ministre israélien Ehud Barak et au chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat pour les exhorter à apaiser les tensions.

C’est la rage au coeur que les manifestants palestiniens se sont mesurés aux militaires israéliens pour la troisième journée consécutive. Aux jets de pierres et de bouteilles incendiaires, les militaires israéliens ont répondu par des tirs de balles en caoutchouc ou à balles réelles.

Il y a eu aussi des échanges de tirs entre les Tanzins, les militants armés du Fatah, et les troupes de Tsahal. Le nombre de Palestiniens blessés durant ce jour d’affrontement se compte par centaines (500) et il y a eu plusieurs morts. 15 selon le ministre palestinien de la Santé Riad Zaanoun. Côté israélien, l’armée et la police ont fait état de 17 blessés: 16 policiers et un soldat.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes: les affrontements rappelaient les pires moments de l’intifada à la fin des années 80. D’ailleurs les incidents les plus sérieux se sont produits dans le secteur de Naplouse en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, comme au temps de l’intifada.

Difficile de dire, à ce stade, si ce dérapage du processus de paix n’est qu’un incident de parcours ou si on assiste à une réactivation du conflit israélo-palestinien. En tout cas, ce degré de violence a été rarement atteint dans les territoires. Il dévoile le degré de désespoir, des masses palestiniennes devant une solution négociée qui se fait attendre.

Les négociateurs palestiniens et israéliens sont en effet revenus jeudi dernier de Washington sans même avoir fixé la date de leur prochaine rencontre. L’impasse dans les négociations, autant que la visite jeudi d’Ariel Sharon, leader de la droite nationaliste israélienne, sur le Mont du Temple, ont mis le feu aux poudres.

Simon Léger, Jérusalem

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