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Fleurs pour les victimes de la fusillade d'Aarau

Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

Au lendemain des nouvelles informations communiquées par la police sur la fusillade meurtrière d’Aarau, le droit suisse sur les armes occupe ce jeudi le devant de la scène médiatique. La question du sort des fusils d’assaut conservés depuis des années au domicile de particuliers alimente notamment les discussions.

Bonne lecture!

Conférence de presse sur la fusillade d'Aarau
Lors de la conférence de presse de la police cantonale argovienne, des armes identiques à celles utilisées par l’auteur des tirs à Aarau ont été présentées. Keystone / Michael Buholzer

La fusillade survenue lors de la rave-party d’Aarau a ravivé le débat sur les armes en Suisse. En cause: le fusil d’assaut utilisé par l’auteur des tirs est aujourd’hui considéré comme une arme interdite.

L’arme incriminée, une Kalachnikov AK-74, avait été acquise légalement il y a une vingtaine d’années par le suspect présumé, en même temps que trois pistolets. À l’époque, la législation était moins restrictive. Depuis le durcissement de la loi sur les armes, il y a sept ans, les armes semi-automatiques comme l’AK-74 sont interdites. Seuls les collectionneurs et les tireurs sportifs bénéficiant d’une autorisation exceptionnelle peuvent encore en acquérir.

Les personnes ayant acheté ce type d’arme sous l’ancien régime légal n’ont qu’une obligation: la déclarer. À gauche, plusieurs voix réclament désormais un durcissement des règles applicables à ces armes encore autorisées au titre du droit acquis. La conseillère aux États socialiste Franziska Roth demande notamment l’interdiction totale des armes semi-automatiques, sans exception.

À droite, la prudence est de mise. Le conseiller aux États UDC Werner Salzmann estime qu’aucune modification législative n’est nécessaire. «Dans le cas d’Aarau, l’entourage de l’auteur présumé aurait dû identifier ses problèmes psychiques et signaler à la police qu’il possédait des armes», affirme-t-il.

Indépendamment de la fusillade d’Aarau, qui se solde par une personne tuée et six blessées, le Conseil fédéral souhaite déjà renforcer la législation concernant les personnes considérées comme potentiellement dangereuses. Le ministre de la Justice Beat Jans l’avait annoncé ce printemps dans le contexte des violences domestiques.

Moissonneuse-batteuse dans un champ
Les mesures prévues dans la Politique agricole 2030 suffiront-elles? Keystone / Gaetan Bally

Le Conseil fédéral a présenté ses projets pour l’agriculture suisse à partir de 2030. L’objectif est de donner davantage de marge de manœuvre aux exploitations tout en renforçant leur durabilité. Une question domine toutefois les commentaires médiatiques: ces mesures sont-elles à la hauteur des défis, notamment après l’été caniculaire de cette année?

Avec la Politique agricole 2030, le gouvernement entend tenir plusieurs promesses. La première concerne la réduction des charges administratives qui pèsent sur les agriculteurs. Une autre s’adresse aux consommateurs: «Cette politique agricole doit encore renforcer la sécurité alimentaire de la Suisse grâce à une agriculture et à une filière alimentaire durables et résilientes», souligne le président de la Confédération Guy Parmelin.

La réforme est censée répondre aux principaux défis du secteur. Mais est-ce réellement le cas? s’interrogent notamment les journaux de CH Media. Selon la gauche et les organisations environnementales, le changement climatique n’occupe pas une place suffisante dans le paquet de mesures. Le directeur de l’Office fédéral de l’agriculture, Christian Hofer, formule lui aussi certaines réserves. «Après cet été, il faudra évaluer si les mesures actuellement en vigueur ont été suffisantes», estime-t-il.

Guy Parmelin rappelle pour sa part que de nombreuses mesures existent déjà en matière de protection du climat et d’adaptation. D’autres sont en préparation et n’étaient pas encore envisagées avant l’été. La consultation se poursuivra jusqu’au début du mois de décembre. Le Parlement ne devrait examiner la réforme qu’en 2028. Les élections fédérales de l’automne 2027 pourraient influencer le résultat final.

Verre en train d'être rempli de vin blanc
Une seule bouteille de vin consommée en Suisse sur trois est produite dans le pays. Keystone / Noemi Cinelli

Lorsqu’on évoque un fossé en Suisse, on pense généralement au Röstigraben entre Suisse romande et Suisse alémanique. Mais un autre clivage se dessine: celui du vin.

Les Suisses boivent de moins en moins de vin. En cinq ans, la consommation a chuté de près de 20%, une tendance qui ne montre aucun signe d’inversion. Parallèlement, la Suisse produit moins de vin qu’elle n’en consomme, mais les caves restent pleines. La raison: une seule bouteille sur trois consommée dans le pays est d’origine suisse.

Les vignerons ressentent directement les effets de cette situation. Beaucoup ignorent encore s’ils parviendront à écouler leur récolte de cette année. À cela s’ajoute un conflit entre producteurs romands et distributeurs alémaniques. Ces derniers répondent avant tout aux goûts du marché de Suisse alémanique. «Les habitudes de consommation et les préférences diffèrent. Le chasselas ne convainc pas», explique le Olivier Savoy, directeur général de l’Association suisse des négociants en vin.

Première conséquence de cette crise: pour la première fois, les organisations professionnelles valaisanne et genevoise ont renoncé à fixer un prix indicatif pour les vendanges. Elles ont préféré s’associer à des producteurs afin d’intensifier leur travail de lobbying à Berne et de mieux faire connaître les vins romands en Suisse alémanique.

Main saisissant des pommes de terre
Un cœur de pomme de terre, mais la récolte a été mauvaise cette année. Keystone / Claudio Thoma

Nature ou paprika? Les amateurs de chips Zweifel risquent de déchanter. L’été caniculaire a lourdement affecté la récolte de pommes de terre: jamais la Suisse n’avait produit aussi peu de tubercules.

Selon l’interprofession Swisspatat, la récolte totale est inférieure de 20% à la moyenne des six dernières années. Les pommes de terre sont en outre souvent plus petites que d’ordinaire. Point positif toutefois: leur qualité est jugée très bonne.

Conséquence directe, la Suisse ne couvre plus que 70 à 75% de sa demande avec sa propre production. Le reste devra être importé. Cette situation pourrait exercer une pression sur les prix. Swisspatat se veut toutefois rassurante: aucune pénurie majeure ne menace le commerce de détail ni l’industrie alimentaire.

Pour le fabricant de chips Zweifel, qui privilégie les pommes de terre suisses, la situation pourrait néanmoins devenir problématique. Dès le mois de juin, l’entreprise indiquait devoir importer en moyenne environ 10% de ses besoins en raison de mauvaises récoltes ou de volumes insuffisants. Elle craignait déjà un manque de pommes de terre suisses cette année, une inquiétude qui semble aujourd’hui se confirmer. Des chips Zweifel fabriquées à partir de pommes de terre étrangères? Cela ne devrait en tout cas pas modifier leur goût.

Texte traduit de l’allemand/op

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