A qui profite l’accord Swiss-AA
L'accord conclu entre Swiss et American Airlines (AA) porte sur un partage de codes. Une stratégie qui ne représente que des avantages pour le géant américain.
Dans un communiqué de presse publié depuis son siège de Dallas-Forth Worth, le plus gros transporteur aérien du monde se félicite de son nouveau partenariat avec Swiss.
«Cet accord entre deux compagnies dont la réputation n’est plus à faire va permettre à American Airlines de proposer à ses passagers un choix élargi et une plus grande flexibilité», déclare ainsi Mike Gunn, vice-président d’American chargé du marketing.
L’accord prévoit que les deux compagnies partagent leurs codes. C’est-à-dire qu’elles s’autorisent mutuellement à vendre des billets sur la majeure partie de leurs vols.
Dans son communiqué, American précise que le partage de codes concerne en particulier les huit vols transatlantiques de Swiss et les vols au départ de Zurich vers d’autres villes d’Europe, mais aussi vers l’Afrique et le Moyen-Orient. L’accord porte aussi sur les vols intérieurs d’American aux Etats-Unis, ainsi que sur ses vols à destination des Caraïbes et de l’Amérique latine.
Un excellent type de partenariat
Du point de vue des deux compagnies aériennes, ce type de partenariat est tout bénéfice. «Le partage de codes ne présente aucun inconvénient, déclare à swissinfo Edward Soule, ancien directeur financier de TWA et professeur à l’université de Georgetown de Washington. Ces partenariats sont faciles à mettre en place et ils apportent aux compagnies une nouvelle clientèle sur un plateau, tout en leur évitant d’avoir à engager de lourds investissements dans la publicité et le marketing.»
La compagnie texane est d’accord avec cette analyse. «Le partage de codes provoque une croissance de notre réseau, sans nécessiter une croissance de notre compagnie», confirme à swissinfo le porte-parole d’American Airlines, John Hotard.
Le partenariat avec Swiss arrive à point pour American Airlines. Après les attentats de New York et Washington, le géant américain traverse une crise marquée par une baisse de fréquentation et un climat social tendu.
La compagnie texane a enregistré un déficit record de près de 800 millions de dollars au dernier trimestre de l’an passé. Pour tenter de stopper l’hémorragie, elle a supprimé 20 000 emplois et va se défaire de sa flotte de Boeing 717 et 727.
Augmenter le taux de remplissage
Dans ce contexte, l’accord avec Swiss permettra à American d’augmenter son taux de remplissage à moindre coût. «Ce qu’American recherche dans l’accord avec Swiss, c’est de récupérer les clients venant d’Europe sur ces vols intérieurs aux Etats-Unis, explique Ed Soule. En clair, c’est de ne pas lâcher le passager, entre le moment où il quitte Zurich, atterrit à New York, et arrive, disons, à Omaha.»
Le partenariat conclu entre American et Swiss est soumis à l’approbation des instances de réglementation, en particulier du Département américain des transports. Le feu vert des autorités américaines ne devrait pas poser trop de problèmes.
En effet, avant la disparition de Swissair, le gouvernement fédéral américain avait approuvé un accord dans lequel les compagnies de Dallas et de Zurich envisageaient un partenariat beaucoup plus large. Il prévoyait, notamment, une harmonisation des prix et des vols.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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