Bulova mise sur le label «swiss made»
Ancien poids lourd de l'horlogerie suisse, la marque américaine de montres Bulova a failli mourir lors de la crise des années 70.
En choisissant Fribourg pour implanter son siège européen, Bulova table sur le prestige helvétique pour rebondir.
Tant à Bienne qu’à Neuchâtel, au milieu des années soixante, le nom de Bulova évoquait l’horlogerie de pointe.
Mélange de rigueur, de modernisme et de gestion «made in America» la grande entreprise, fondée en 1875, à New York, par Joseph Bulova, employait en effet plus de 1000 collaborateurs en Suisse.
Se hisser dans le club des marques qui comptent
Puis est venue la crise, les grèves. Et la marque a bien failli disparaître. Passée en mains chinoises, elle a finalement été reprise par une société américaine, Loews Corporation.
Aujourd’hui, la marque veut retrouver ses racines helvétiques. En effet, même si elle produit quelque 2 millions de montres par année, qu’elle écoule outre-Atlantique, elle n’arrive pas à se hisser dans le club des marques qui comptent.
Car, pour cela, et c’est aujourd’hui incontournable, il faut un label «swiss made». Même si la montre ne comporte pas que des composants produits en Suisse, il faut que son mouvement soit emboîté ici, que les contrôles et les opérations finales soient réalisés dans des ateliers suisses.
Ne pas crier au miracle
Les propriétaires de Bulova ont donc annoncé qu’ils installaient le siège européen de la marque du côté de Fribourg. A la clé, bien sûr, il y aura une collection «Swiss made».
Cela permettra de relancer le prestige de l’ensemble de la production car si, avec les moyens mis à disposition à Fribourg, il n’est pas possible d’assumer l’ensemble de la production, le seul fait qu’une partie des pièces porteront le label «swiss made» permettra de monter le prestige de toute la gamme. C’est habile!
Alors si on ne peut que se féliciter du retour de cette ancienne marque sur sol suisse, il ne faut pas non plus crier au miracle. Dans le segment économique où elle opère, Bulova est condamnée à produire des garde-temps bon marché.
Or, en Suisse, seul Swatch a les moyens d’assurer une production de masse de pièces du segment dit économique. Et, selon nos sources, ce n’est pas le groupe de M. Hayek qui va produire les montres «swiss made» de Bulova.
swissinfo/Eric Othenin-Girard
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