Collision aérienne: Skyguide dans la tourmente
Les familles des victimes russes de la catastrophe aérienne d'Überlingen se sont recueillies jeudi sur les lieux du drame. Alors que les accusations en provenance de Moscou à l'encontre des contrôleurs suisses se sont durcies, le parquet zurichois a ouvert une enquête.
La procédure a été lancée par le bureau du procureur de district de Bülach (ZH). Son but: déterminer les circonstances exactes du contrôle des trajectoires des deux avions impliqués dans la catastrophe de lundi dans la région du Lac de Constance par les aiguilleurs du ciel de la société suisse Skyguide.
Il s’agit d’examiner si les contrôleurs aériens ont commis des erreurs pour lesquelles ils seraient pénalement responsables. Le procureur de Constance a également ouvert une enquête pour homicide par négligence et perturbation du trafic public.
La mise en place de ces procédures intervient alors que les accusations en provenance de Russie à l’encontre des contrôleurs suisses ont redoublé.
Citant un enquêteur russe non identifié, l’agence de presse RIA a affirmé que le pilote du Tupolev qui a percuté le Boeing avait, le premier, alerté les aiguilleurs du ciel suisses du risque d’accident environ une minute et demie avant la collision.
Ces affirmations ont été démenties en fin de journée par le Bureau allemand d’enquête sur les accidents d’aviation. Citant des enregistrements transmis par Skyguide, le bureau a déclaré que l’équipage du Tupolev n’avait pas averti les contrôleurs aériens suisses.
Selon le Bureau allemand, l’aiguilleur du ciel en poste à Zurich au moment de la catastrophe a donné l’ordre à l’avion russe de réduire son altitude 44 secondes avant la collision avec le Boeing. L’équipage du Tupolev ne réagissant pas, le contrôleur a réitéré sa demande 14 secondes plus tard.
Jusqu’ici, et le Bureau allemand et Skyguide avaient indiqué que la demande de réduire l’altitude avait été transmise aux pilotes russes 50 seconde avant la collision. L’aiguilleur du ciel en question a été entendu mercredi pour la première fois, a indiqué à l’ats un porte-parole de Skyguide. Ses déclarations n’ont pas été rendues publiques.
Par ailleurs, un expert du même Bureau allemand, Axel Thiel, a annoncé que les bandes magnétiques des boîtes noires étaient très endommagées, et qu’avant de pouvoir les lire ou les écouter, il nous faut les restaurer.
Plus de 130 parents et proches des victimes russes de la catastrophe sont arrivés à Überlingen, au bord du lac de Constance, à bord d’un Tupolev 154, le même appareil que celui impliqué dans l’accident. Ils ont assisté à une cérémonie funèbre organisée en l’absence de tout journaliste, dans un lieu qui n’a pas été rendu public.
De nombreuses personnes avaient dans leurs mains des gerbes de fleurs avec des messages de condoléances. Sur les 71 victimes de la catastrophe, une cinquantaine sont des enfants et des jeunes, dont 45 étaient originaires de la république russe du Bachkortostan qui se rendaient en vacances en Espagne.
Les familles, accompagnées d’un prêtre orthodoxe, se sont ensuite rendues sur le site où se trouve l’épave de l’avion. J’ai apporté sur les lieux de la tragédie, les fleurs préférées de ma fille, des fleurs des champs, a confié le père de Linara, une adolescente de 15 ans.
Soixante-huit corps retrouvés
Soixante-huit des 71 corps des victimes ont été retrouvés. La recherche des corps est terminée pour l’essentiel. Pour les trois corps manquants, ce sera difficile, ont indiqué les autorités allemande. Seuls les corps du pilote britannique et du co-pilote canadien du Boeing de fret, seuls à bord, ont pu être identifiés jusqu’ici.
Les autorités allemandes et russes ont exigé que des mesures soient prises afin d’éviter la reproduction d’une telle catastrophe. A Bruxelles, la Commission a déclaré qu’il fallait mettre fin aux particularismes et réaliser au plus vite le ciel unique. Nous devons tous travailler ensemble, a déclaré un porte-parole, précisant que la Suisse était associée au processus.
tsr.ch avec les agences
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