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Echecs: la machine est trop forte

Yannick Pelletier (à d.) serrant la main au programmateur de "Shredder 6.0". Festival international de Bienne

Au Festival international de Bienne, l'ordinateur «Shredder 6.0» bat facilement l'équipe suisse d'échecs. Une supériorité informatique sans surprise.

Homme contre machine: ce genre de duel fait toujours autant recette dans le monde des échecs, depuis le développement informatique des années 90.

Depuis aussi l’incroyable impact qu’avait connu en 1997 le choc entre Garry Kasparov et Deep Blue à New York, remporté par les puces sur les neurones. Une authentique sensation à l’époque.

Les Suisses contre «Shredder 6.0»

Dans le cadre du Festival international d’échecs de Bienne, l’équipe nationale suisse tente de relever un défi extrêmement délicat face à «Shredder 6.0», l’un des ordinateurs les plus puissants du monde, conçu par la société «Chessbase», leader dans les logiciels consacrés aux échecs.

Sacré à multiples reprises champion du monde des ordinateurs, Shredder (avec ses 2 à 3 processeurs et ses millions de parties en mémoire) est hors de portée des êtres humains. Suisses en tous les cas.

Le premier soir, le grand maître Vadim Milov a difficilement arraché le nul. Le lendemain, le champion suisse Yannick Pelletier s’est incliné, non sans avoir longtemps paru en mesure de s’imposer.

Suivi peu après par le jeune Florian Jenni, lui aussi défait. Verdict avant le dernier duel entre Shredder et le Zurichois Werner Hug: 2,5 à 0,5 points pour la machine.

«C’est toujours le même scénario, relève Frederic Friedel, l’un des concepteurs allemands de la bête. L’être humain joue mieux, se trouve parfois en excellente position, mais il finit par commettre une faute.

Des duels bientôt sans intérêt

Les spécialistes en conviennent presque tous: dans quelques années, les duels entre homme et machine auront perdu tout intérêt, en raison des nouveaux progrès informatiques.

«Disons qu’en 2004, je ne parierai plus un centime sur l’un des meilleurs grands maîtres face à un super-ordinateur, explique Frederic Friedel. Tout au plus existera-t-il deux-trois hommes spécialisés dans le jeu contre un ordinateur.»

Au fait, existe-t-il une tactique à appliquer face à un super-ordinateur? En théorie, oui, mais en pratique, c’est le défi est bien plus dur à relever.

«En fait, il s’agit de ne laisser à la machine aucune possibilité d’attaquer, de bloquer toutes ses initiatives, de l’amener à constater, après de nombreux calculs, qu’elle ne peut pas trouver de coup décisif», relève l’informaticien allemand.

Ce qui n’est pas à la portée de tous les joueurs. «Prenez un Kasparov, poursuit Frederic Friedel, il est tellement agressif dans son jeu, tellement destructeur qu’il a du mal à miser sur la défensive. C’est le genre de joueur qui relève le défi, qui enlève ses gants et se met à combattre l’ordinateur.» Mauvaise tactique

swissinfo/Jonathan Hirsch à Bienne

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