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La paysannerie, enfant pauvre de l’économie

La hausse du prix des fourrages a contribué à la diminution des revenus agricoles. Keystone

Le revenu des paysans est en chute libre constate l'Office fédéral de l'agriculture dans une étude. Inquiétude de l'Union suisse des paysans.

Les résultats provisoires de cette enquête ont été publiés lundi à Berne. Il en ressort que les paysans ont effectivement subi un net recul de leurs revenus en 2001.

Ainsi, ils ont gagné en moyenne 53 300 francs par exploitation, soit 3900 francs de moins que durant les années 1998 à 2000. Quant au revenu du travail, le salaire annuel, il a chuté de 12% à 30 400 francs.

«Après une année 2000 relativement bonne, cette baisse de revenus ramène la situation des paysans au niveau des années 1998 et 1999», explique Jacques Chavaz, sous-directeur de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).

«Ce qui ne veut pas dire que la situation est normalement bonne. Toute baisse de revenu dans un milieu professionnel est inquiétante. Nous partageons le souci des paysans», ajoute Jacques Chavaz.

Vache folle responsable

«Cette diminution de revenus s’explique principalement par la baisse du prix de la viande, conséquence de la crise de la vache folle», explique-t-il encore.

A cela s’ajoutent d’autres facteurs touchant la production végétale. Pour le sous-directeur de l’OFAG, les intempéries de 2000 ont largement diminué les productions de céréales et de betteraves à sucre.

Et ce n’est pas tout, l’accroissement des coûts de production, notamment l’augmentation du prix des fourrages, a contribué également à la diminution des revenus.

Paiements directs en hausse

Et pourtant, l’année 2000 a été plus généreuse en paiements directs. Ceux ci ont augmenté de près de 7%, soit une moyenne de 41 400 francs par exploitation agricole.

Cela dit, le Conseil fédéral doit examiner prochainement la possibilité d’augmenter les paiements directs aux éleveurs de bovins de montagne. Notamment à ceux pratiquant l’estivage (l’élevage de bovins hors étable).

Pour autant, la solution à ces problèmes n’est pas seulement politique. Ainsi, pour Manfred Bötsch, directeur de l’OFAG, le système du marché de la viande pourrait être revu et passer à un système plus libéral comportant des enchères.

L’OFAG a calculé le revenu agricole sur la base des données de 953 exploitations. Celles-ci cultivent en moyenne 18 hectares et emploient 1,3 unité de main d’œuvre familiale.

Une érosion inquiétante

La publication de ces chiffres fait, bien entendu, réagir l’Union suisse des paysans (USP). «Nous sommes très inquiets de l’ampleur de ce découplage économique de l’agriculture par rapport au reste de l’économie», affirme Urs Schneider, chef du Département de la communication de l’USP

Et d’ajouter que «cette situation peut avoir pour conséquence un fort exode de la production agricole. Pire encore, un désintérêt total des jeunes pour ce métier».

«Une érosion déjà mesurée, ajoute Urs Schneider qui relève une diminution de 4,1% des exploitations agricole en 2001. Cela dit, l’OFAG, qui ne recense que les exploitations ayant droit aux paiements directs, estime la baisse à «seulement»3%.

swissinfo/Jean-Louis Thomas

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