Le maintien de Swiss oui, un soutien financier non
Une majorité de Suisses pensent que le pays a besoin d'une compagnie aérienne nationale. Mais ils ne veulent plus payer pour la soutenir.
En outre, la cote de confiance des dirigeants de Swiss est en baisse dans la population.
52% des Suisses estiment que le pays a besoin d’une compagnie aérienne nationale, selon un sondage du «Matin dimanche».
Et les Alémaniques sont plus nombreux (43 %) que les Romands (37 %) à juger superflue une compagnie aérienne nationale.
Les jeunes en revanche sont les plus fervents défenseurs de Swiss, avec 55 % d’avis favorables contre 47 % pour la tranche d’âge des 55-74 ans, relève le sondage.
Mais paradoxalement, s’ils veulent une compagnie nationale, les Suisses ne se sentent pas vraiment obligés de voler avec.
A la question: «pour un voyage, quelle compagnie choisissez vous?», 40 % répondent que cela leur est égal, 28 % qu’ils choisissent Swiss, 15 % que cela dépend du prix et 14 % affirment choisir une autre compagnie.
Quant à utiliser une nouvelle fois l’argent du contribuable pour soutenir la compagnie, la réponse est sans appel: 78% des sondés refusent d’allonger le moindre franc.
Confiance mitigée
Un soutien financier public n’est d’ailleurs pas à l’ordre du jour, comme l’a rappelé Moritz Leuenberger dans une interview publiée samedi dans le «Blick».
Le ministre des transports a assuré que le président du conseil d’administration de Swiss avait toujours sa confiance.
Pieter Bouw a l’expérience internationale pour diriger une compagnie aérienne, a expliqué M. Leuenberger. «Une compagnie aérienne n’est pas une équipe de football où on change simplement l’entraîneur».
Mais la confiance du gouvernement ne reflète pas l’opinion publique. Si l’on en croit le sondage du «Matin-dimanche», les responsables de Swiss ne jouissent que d’un soutien très limité dans la population.
Alors que 39 % des personnes interrogées estiment qu’ils peuvent rester, 42 % pensent qu’ils doivent s’en aller.
Pas de demi-mesures
Joseph Deiss a pour sa part refusé de s’exprimer sur Pieter Bouw, dans une interview accordé au «SonntagsBlick»,
En revanche, le ministre de l’économie a approuvé la suppression de 3000 emplois chez Swiss. Il considère que la compagnie aérienne a raison de ne pas se contenter de demi-mesures.
«Cela n’aurait aucun sens de maintenir artificiellement des emplois pour se retrouver d’ici quelques mois dans une situation encore plus difficile».
Accords avec l’Allemagne
Joseph Deiss estime en outre que les critiques contre son collègue Moritz Leuenberger sont injustifiées.
Ce dernier est effectivement parvenu à faire repousser jusqu’à fin octobre l’entrée en vigueur des restrictions de survol du Sud de l’Allemagne.
Une partie de ces vols à destination de Unique Airport devaient être déplacés au-dessus de la ville et du canton de Zurich. Les restrictions auraient dû entrer en vigueur le 10 juillet prochain.
Ce sujet continue d’ailleurs d’irriter Moritz Leuenberger. Il ne se gène pas de mettre le doigt sur les conséquences catastrophiques pour Swiss qu’a le refus des accords signés en 2001 avec le gouvernement allemand.
L’opposition farouche de la compagnie aérienne et des parlementaires suisses avait fait capoter cet accord en mars dernier.
Offre de Lufthansa?
Une coopération de Swiss, après sa restructuration, avec Lufthansa est aussi dans l’air. C’est du moins l’hypothèse qu’avance la «SonntagsZeitung».
Et selon les informations d’un insider fournies au dominical, cette possibilité de partenariat avec la compagnie allemande serait aussi en discussion au sein du gouvernement suisse.
Une chose est en revanche sûre, Swiss a subi un nouvel échec dans son conflit avec Air Lib.
La Cour d’appel de Paris a rejeté le 21 mai une demande de la compagnie helvétique, qui veut que le cas soit jugé en Suisse, a indiqué dimanche Priska Spörri, confirmant une information parue dans «Le Matin dimanche».
Le cas sera porté à la cour de cassation française, a ajouté la porte-parole de Swiss.
La justice française a en outre estimé que Swiss était bien la digne descendante de Swissair. Ce que Swiss contestait pour ne pas avoir à assumer les dettes de l’ancienne compagnie nationale.
Swiss et Air Lib, aujourd’hui en liquidation, sont en conflit sur 60 millions d’euros (environ 90 millions de francs) que Swissair devait verser à la compagnie française née des cendres d’AOM-Air Liberté.
Et aux dernières nouvelles, le produit des ventes de billets de Swiss en France est bloqué par la justice à titre préventif.
swissinfo et les agences
– Le sondage du «Matin dimanche» a été réalisé cette semaine par l’institut Isopublic.
– Il intervient après l’annonce des restructurations draconiennes de la compagnie Swiss.
– 3000 emplois vont disparaître et la flotte sera réduite de 34 appareils.
– Quelque 607 personnes ont été interrogées, dont 76 % d’Alémaniques et 24 % de Romands.
– Sa marge d’erreur est de 2 %.
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