Les apiculteurs crient leur colère à Bruxelles
Plusieurs centaines d'apiculteurs européens demandent à être mieux pris en compte par l'Europe. Les apiculteurs suisses ne sont pas mieux lotis.
Les apiculteurs ont manifesté lundi à Bruxelles, peu avant l’ouverture d’un conseil des ministres de l’Agriculture des Quinze, pour demander que leurs intérêts soient mieux défendus par la politique agricole commune.
«Tout le secteur agricole reçoit beaucoup d’aides, mais pas l’apiculture, qui n’a droit qu’à un tout petit budget», explique Raffaele Cirone, président de la Fédération italienne des apiculteurs.
Une concurrence accrue
La situation des apiculteurs européens se détériore, en effet, d’année en année. Pour la première fois, le niveau d’auto-approvisionnement en miel de l’Union européenne (UE) est tombé en 1999 sous la barre des 50% (47,4%).
Les apiculteurs doivent ainsi affronter une concurrence accrue des miels d’importation, en provenance notamment d’Argentine, de Chine et du Mexique. Miel qui est vendu deux fois moins cher que celui produit dans l’UE. Et dont la qualité n’est pas contrôlée.
Regrettant que le miel ne fasse pas l’objet d’une préférence communautaire, les apiculteurs réclament des mesures de soutien. Par exemple, une augmentation des crédits alloués à la lutte contre la varroase et les autres maladies des abeilles. Ou encore des primes de compensation pour les pertes de revenus.
«Nous soutenons à fond les actions des apiculteurs européens, déclare Willy Debély, président de la société d’apiculture romande, car nous partageons les mêmes soucis.»
Les Suisses solidaires
«Les apiculteurs suisses sont moins favorisés que leurs collègues européens qui, eux , touchent des primes», précise Bertold Lehnherr, secrétaire de la Fédération suisse des apiculteurs. «Nous, nous ne recevons aucune subvention directe.»
La Suisse compte quelque 20 000 apiculteurs, dont 5000 en Suisse romande. A la différence des pays voisins, très peu sont des professionnels. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement fédéral rechigne à les aider, l’apiculture étant considérée comme un hobby.
La production suisse couvre environ 40% de la consommation de miel dans le pays. Le miel importé coûte quatre fois moins cher: il est vendu 5 francs le kilo contre 20 francs pour le miel suisse. «On ne fait pas de l’apiculture pour devenir riche!», s’exclame Willy Debély.
Barbara Speziali, Bruxelles
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