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Les déboires de Roche en Italie

Le géant bâlois a perdu 13 millions de francs en vendant son ancien siège à Milan. La justice italienne enquête sur les conditions de location de cet immeuble.

C’est l’histoire singulière d’un bâtiment de 40 mille mètres carrés, situé au 11 place Durante, à quelques kilomètres de la célèbre piazza Duomo de Milan. Cet immeuble, plutôt quelconque, appartenait au géant pharmaceutique bâlois Roche qui en avait fait son siège dans la capitale lombarde.

En fait, c’est la société italienne Rovema, contrôlée par Roche Finanz, qui a acquis l’établissement en décembre 1995 pour 75,2 milliards de lire. En juin 1999, Roche vend son immeuble à une société baptisée Rovema 2000. Le prix est fixé à 59 milliards de lires, ce qui engendre donc une perte de 16,2 milliards de lires (environ 13 millions de francs) pour Roche.

Rovema a-t-elle bradé son bien au profit de Rovema 2000 ou est-ce le marché italien de l’immobilier qui s’est effondré entre 1995 et 1999? La réponse diffère selon les intervenants.

Une expertise estime que cet immeuble valait à cette date au moins 100 milliards de lires. Totalement faux rétorque le responsable de Roche Italie: «nous avons même vendu un peu au-dessus du prix du marché».

Propriétaires inconnus

Deuxième mystère, impossible de savoir à qui appartient Rovema 2000. Selon le «Corriere della Sera», ses propriétaires se cachent derrière une structure qui mène à divers paradis fiscaux exotiques.

La suite des événements réserve une autre surprise. Rovema 2000 finance son achat via un contrat de crédit-bail conclut avec Fineco leasing, une société qui appartient au groupe bancaire italien Bipop.

Rovema 2000 verse 4,8 milliards de lires par an à Fineco. En parallèle, Rovema 2000 sous-loue l’immeuble pour 10,8 milliards de lires par an. Jolie opération financière. Mais, coup de théâtre, ce sous-locataire n’est autre que la banque Bipop.

«Le contrat de location a été fait en toute transparence et dans le respect de la légalité», explique le groupe Bipop dans un communiqué. Il ajoute, en totale contradiction avec l’évaluation de Roche, que «le prix d’achat convenu entre Rovema et Rovema 2000 était nettement inférieur à la valeur de l’immeuble estimée à 107 milliards de lires».

Suite à ces multiples péripéties, la justice italienne vient d’ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de ces opérations. Les dirigeants de Roche Italie ont été entendus en tant que témoins par la Guardia di Finanzia (la police financière) qui a aussi effectué plusieurs perquisitions.

swissinfo/Luigino Canal

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