Lukas Mühlemann lâche l’Argentine
Eclaboussée par le scandale, la Banco General de Negocios voit ses administrateurs étrangers quitter le navire. Parmi eux, le Suisse Lukas Mühlemann.
Suite à des accusations d’évasion de capitaux, le patron du Credit Suisse, Lukas Mühlemann, démissionne du conseil d’administration de la Banco General de Negocios (BGN). Les représentants des autres banques étrangères vont en faire de même, annonce mardi le Credit Suisse, confirmant l’information parue dans le «Tages Anzeiger».
Un autre membre du Credit Suisse Group (CSG), David Mulford, et les représentants de la Dresdner Bank et de J.P. Morgan Chase vont également se retirer du conseil d’administration de la BGN lors de la prochaine assemblée générale en avril, a relevé Regula Arigoni, porte-parole du CSG. Ces décisions ont été portées à la connaissance de la BGN en janvier dernier déjà.
Fuite de capitaux et argent sale
La porte-parole du CSG n’a pas voulu préciser les raisons de ces départs. Regula Arigoni a également refusé de s’exprimer à propos de la participation de 23% que le Credit Suisse First Boston (CSFB) possède dans le capital de la BGN depuis 1970.
Dans un précédent communiqué, la banque suisse s’était déclarée ébranlée par les reproches formulés contre la BGN. Les autorités de Buenos Aires avaient accusé l’établissement bancaire contrôlé par les frères Carlos et Jose Rohm d’avoir favorisé la fuite de capitaux et blanchi de l’argent sale.
Vice-président derrière les barreaux
Le vice-président de la BGN, Carlos Rohm, a été arrêté à fin janvier et se trouve encore en détention préventive. Son frère Jose a séjourné en Suisse les 24 et 25 janvier pour participer à une réunion du conseil d’administration de la banque argentine.
Selon la presse, deux membres du conseil d’administration de la BGN étaient membres de la dictature militaire argentine. En faisait également partie Jose Alfredo Martinez, ministre de l’économie sous la dictature du général Jorge Rafael Videla.
En Suisse, la Commission fédérale des banques (CFB) a demandé au Credit Suisse un rapport sur ses activités et ses partenaires bancaires en Amérique du Sud. La CFB a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une enquête préliminaire et qu’elle a reçu la réponse de la banque concernant les reproches formulés contre la BGN.
swissinfo avec les agences
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