Pas de plan social chez Tornos
Après avoir annoncé des suppressions d'emplois, Tornos indique avoir obtenu pour 52,4 millions de capitaux. Juste pour renouer avec les chiffres noirs dès 2003.
Devant la presse, le président du conseil d’administration Franz Kellerhals et celui de la direction, Pierre-Claude Jaquier, ont fait preuve vendredi d’un optimisme qui contrastait avec le climat lourd qui s’est abattu sur la région.
Ils ont estimé que l’assainissement du bilan a donné à Tornos les meilleurs atouts pour un redémarrage.
367 emplois supprimés
Sur le plan humain, cette restructuration est très lourde. Au total, Tornos va supprimer 367 emplois (sur environ 1285), dont 310 pour la seule maison-mère à Moutier.
Le personnel sur le site prévôtois va passer de 908 à quelque 600 collaborateurs. Et la direction a annoncé qu’elle n’avait pas les moyens pour un plan social.
Au sein du personnel et de la population, l’impression générale est celle d’un immense gâchis. Aucune manifestation n’a eu lieu en marge de la présentation du plan de sauvetage.
Pour les syndicats, le prix à payer par le personnel est «trop lourd». En octobre, la société avait déjà supprimé quelque 180 emplois.
Quatre partenaires ont été contraints à d’énormes sacrifices pour éviter le dépôt de bilan: le personnel, les fournisseurs et les banques qui ont abandonné des créances, et les actionnaires qui ont vu la valeur nominale des actions réduite de 90%.
Action Tornos suspendue
L’action Tornos a d’ailleurs été suspendue de cotation à la Bourse suisse pour toute la journée. Jeudi soir, le titre de la société prévôtoise a clôturé à 11,50 francs. Le titre a perdu ainsi quelque 90 % de sa valeur depuis son émission.
Franz Kellerhals a annoncé que des conventions d’investissement avaient été conclues pour 52,4 millions de francs. Un consortium, emmené par le Crédit Suisse, injectera 20 millions, le Britannique Daughty Hanson 15, un «noyau bernois» composé notamment des Banques cantonales du Jura et de Berne 14,4 et d’autres investisseurs les derniers 3 millions.
Tornos, qui souhaite un montant de recapitalisation à hauteur de 60 millions, négocie avec d’autres investisseurs pour combler cette différence. Le conseil d’administration s’est félicité que Tornos préserve son indépendance. Plusieurs noms de repreneurs potentiels étrangers avaient circulé ces derniers jours.
La direction a revu à la baisse sa capacité de production après avoir fixé le chiffre d’affaires pour 2002 à 175 millions de francs contre 372 millions en 2001. «Le marché s’est stabilisé autour de 175 millions alors que nous avons une capacité de production de 400 millions», a précisé M. Kellerhals.
Plusieurs éléments ont contribué à la perte nette de près de 30 millions enregistrée en 2001. Et la direction de citer une nouvelle fois la mauvaise conjoncture qui s’est traduite par une forte chute des commandes, notamment dans le secteur de la téléphonie mobile. De 437 millions en 2000, les entrées ont atteint 231,4 en 2001.
Une assemblée générale le 28 juin
La surcapacité de l’outil de production qui ne correspondait pas à la demande d’un marché d’exportation essentiellement orienté vers l’Europe. En revanche, la direction a affirmé que le moment choisi de l’entrée en bourse n’a pas pénalisé Tornos. «Nous n’avons pas cédé à la pression des banques», a souligné M. Kellerhals.
Paul Haering, membre du conseil d’administration, a présenté le rapport annuel 2001. Le chiffre d’affaires atteint 372,8 millions de francs soit une hausse de seulement 0,73 % par rapport à 2000.
L’EBITDA ne s’est quant à lui élevé qu’à 11,4 millions passant de 11,3 % du chiffre d’affaires en 2000 à 3,06 % pour 2001, soit une chute de 72,8 %.
Le conseil d’administration et le management sont convaincus que les produits de l’entreprise correspondent à un concept d’avenir et que Tornos est technologiquement en bonne place pour répondre aux besoins de ses clients. L’assemblée générale convoquée le 28 juin devrait confirmer le plan de sauvetage.
swissinfo avec les agences
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