Un colis piégé…avec douceur
La qualité nutritionnelle des colis proposés par La Poste et Nestlé laisse à désirer. On est loin de l'image «vie saine» véhiculée par la multinationale.
«On aurait pu faire beaucoup mieux pour compléter l’alimentation des soldats!» Diététicienne à la Fédération vaudoise des Ligues de la Santé, Laurence Margot tire à boulets rouges sur les paquets de nourriture que La Poste et Nestlé proposent de livrer aux recrues.
En fait, les proches des militaires pourront choisir entre deux kits: le «Dolce Vita» (avec une bouteille de vin blanc, deux paquets de Chips et divers chocolats) ou l’«Energy» (avec deux barres vitaminées, trois boissons «énergétiques», deux paquets de chips et des chocolats).
Manque de fruits et de légumes
«En général, l’alimentation proposée à l’armée manque de fruits et de légumes. Alors que les graisses sont déjà trop nombreuses», poursuit la diététicienne. Les chips et le chocolat, avec leur apport de graisse et de sucre, n’arrangeront évidemment rien.
Et pourtant, Nestlé véhicule une image de «vie saine». Pour preuve, son slogan «Good Food – Good Life». Sur son site Internet, la multinationale donne même des conseils alimentaires. Parmi lesquels, précisément, celui de consommer avec modération les graisses et le sucre…
Au siège de Vevey, on répond que le but est de faire plaisir aux recrues. Et surtout, qu’un des assortiments proposés contient des produits énergétiques. Histoire de tenir le coup lors des efforts physiques menés au pas de charge.
Les marathoniens n’en voudraient pas
«C’est vrai, il y a des barres énergétiques, rétorque Laurence Margot. Mais aussi des chips et du chocolat. Et je connais peu de marathoniens qui suivraient ce régime.»
Mais le chocolat n’est-il pas un antidépresseur? «C’est ce qu’on dit pour promouvoir sa consommation. Je ne vous contredirai pas. Mais cet aliment doit rester un complément plaisant.»
Certes, l’armée n’est pas le lieu adéquat pour se lancer dans un régime «sain». Et comme le dit Laurence Margot, ces paquets visent surtout à marquer son affection.
Reste à savoir si les soldats se sentiront particulièrement aimés lorsqu’ils recevront le même paquet que tous leurs compagnons d’infortune. Ou si un geste, plus personnalisé, ne les toucherait pas davantage…
Caroline Zuercher
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