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Un lieu magique pour les petits citadins curieux

La Kindercity, le premier centre ludico-éducatif de Suisse. swissinfo.ch

A Volketswil, dans le Canton de Zurich, vient de s’ouvrir la première cité pour enfants de Suisse. La « Kindercity » est un parc d’attractions axé sur les sciences et les techniques.

Sandrine Gostonian, l’instigatrice du projet, s’est battue pendant quatre ans pour cette idée qui lui a valu, en 2002, le titre d’entrepreneur de l’année.

Un immense supermarché, un quartier d’appartements en propriété privés, une sortie d’autoroute à deux pas: l’endroit idéal pour édifier un centre pour enfants qui allie divertissement et pédagogie.

«Avec une population dont l’âge moyen est de 37 ans, Volketswil est la plus jeune commune de Suisse », a déclaré le maire Bruno Walliser lors de l’inauguration de la Kindercity.

Autre caractéristique démographique, l’Oberland zurichois présente la plus grande densité d’enfants de Suisse. Voici qui explique pourquoi Volketswil a été choisie parmi neuf autres emplacements pour ce projet.

«La plus grande commune de Suisse à ne pas être raccordée au réseau ferroviaire a eu la préférence», poursuit Bruno Walliser.

Des visiteurs entre dans des arènes

A quoi ressemble donc la «Kindercity», l’endroit où les deux-douze ans peuvent se familiariser avec les sciences et les techniques sur le mode ludique?

L’«Edutainment Center », le centre ludico-éducatif, est un bâtiment de couleur jaune-rouge alliant le béton, le verre et un soupçon de bois.

Près de l’entrée principale, se dresse une immense bâtisse fantaisie de couleur verte où sont suspendus de nombreux animaux fabuleux. Autour de l’arbre magique, un comptoir où des boissons sont servies. De là partent différents escaliers ou rampes en pente douce qui mènent le visiteur aux cinq secteurs du parc, appelés «arènes».

Sur un itinéraire d’exploration, les enfants peuvent par exemple s’initier au fonctionnement du cerveau humain, comprendre d’où vient l’électricité ou encore tourner leur propre film TV.

Une autre arène abrite une maison, un igloo, une école et même le Palais fédéral. «Viens t’initier à la politique et tu vas voir que ce n’est pas aussi ennuyeux que ça en a l’air», peut-on lire.

On trouve aussi un atelier de bricolage, un centre d’apprentissage, une fabrique de chocolat et une grande cuisine, où les enfants manient la farine et la levure et apprennent à faire du pain. Ils ont à leur disposition douze tables de cuisson à induction, spécialement conçues pour eux et leur sécurité.

Sur une superficie de près de 6000 mètres carrés, les jeunes visiteurs approfondissent les «phénomènes scientifico-ludiques», font du théâtre, fêtent leur anniversaire et bien d’autres choses encore.

Une idée qui vient de l’étranger

C’est de Paris, où elle a résidé, que Sandrine Gostonian, 34 ans, mère de deux enfants, a ramené l’idée de ce centre pour enfants à la vocation à la fois éducative et ludique.

De retour en Suisse, elle a frappé à toutes les portes pendant quatre ans à la recherche de donateurs, de sponsors et d’entrepreneurs, en s’efforçant de convaincre ses interlocuteurs de la validité d’un projet qui n’existait encore que dans sa tête.

«Nourrir la curiosité naturelle des enfants avec des sujets scientifiques en s’amusant, telle est l’idée à la base du projet et les enfants ont une vivacité d’esprit naturelle et une capacité à apprendre bien supérieures à celle des adultes», déclare l’instigatrice du projet.

Pour Sandrine Gostonian, Volketswil, situé au milieu des supermarchés et des habitations, est l’emplacement rêvé. «Nous voulons être là où les gens sont.»

Un projet commercial et pas une garderie

La « Kindercity » n’a rien d’une garderie où les parents peuvent déposer leurs enfants pendant qu’ils peuvent tranquillement aller faire leurs courses dans le supermarché d’à côté.

«Nous ne pouvons prendre en charge les enfants; un adulte doit absolument être là pour les accompagner.»

Le projet entend «favoriser le dialogue et susciter des questions auxquelles nous ne répondons pas dans les arènes» et mise sur la rencontre parent-enfants autour des thèmes abordés.

Et c’est aussi un projet résolument commercial. Les visiteurs doivent payer une entrée, l’entreprise doit être rentable. «Nous devons remporter le pari financier, déclare Sandrine Gostonian, mais je suis déjà très heureuse que cette idée ait pu voir le jour.»

Lors l’inauguration, la question financière n’a pas vraiment été abordée. Le projet a coûté la bagatelle de 17 millions de francs, dont une grande part a été assumée par des sponsors, parmi lesquels figure la caisse d’assurance des employés de l’Etat du Canton de Zurich. Propriétaire du terrain, elle a financé les travaux de construction pour un budget de 12 millions.

La Kindercity de Sandrine Gostonian est créatrice d’emplois: 25 emplois à plein temps et 35 à temps partiel. Elle collabore avec la Haute école pédagogique de Zurich, «pour avoir le meilleur appui possible dans le domaine pédagogique», dit-elle.

En 2002 – donc avant l’ouverture – elle a été nommée entrepreneur suisse de l’année, pour la récompenser de ses efforts. Les responsables attendent 250’000 visiteurs à la Kindercity, soit 700 par jour.

swissinfo, Urs Maurer, Volketswil
(Traduction de l’allemand Bertrand Baumann)

Le projet de la Kindercity a coûté 17 millions de francs.
Des sponsors de poids soutiennent le projet.
La Kindercity offre 6000 mètres carrés aux enfants.
250’000 visiteurs sont attendus chaque année.

– La Kindercity permet aux enfants de se familiariser à des sujets scientifiques par le jeu.

– On trouve de tout dans les cinq arènes, de l’»auto-école» à la cuisine pour enfants.

– Le projet bénéficie de l’accompagnement de la Haute-école pédagogique de Zurich.

– La Kindercity n’est pas une garderie. Les parents doivent accompagner leurs enfants.

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