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Une transparence toute relative

La plupart des grandes entreprises suisses publient déjà les rémunérations de leurs administrateurs. Difficile toutefois de s'y retrouver, même pour un initié.

A première vue, mieux vaut être administrateur de Novartis que de Sulzer. L’an dernier, les dix membres du conseil du fabricant de machines se sont partagés 900 000 francs, tandis que le géant de la chimie distribuait 2,8 millions en cash et 1,5 million en actions à ses douze administrateurs. Sans compter le remboursement des frais.

Mais en réalité, personne (mis à part les intéressés) ne saura jamais qui a touché quoi. Et pour Novartis, toute tentative de calcul viendra buter sur le fait que Daniel Vasella cumule les fonctions – et donc les rémunérations – de président du conseil d’administration et de patron de la direction.

Parmi les neuf grandes entreprises contactées par swissinfo, seul le Credit Suisse donne une répartition par tête. Chaque administrateur touche 200 000 francs par année, plus un supplément de 100 000 s’il exerce une fonction particulière (président ou membre d’un comité).

Mais attention, la banque ne distribue pas de cash. Ces indemnités sont versées uniquement sous forme d’actions, avec interdiction de les revendre pendant quatre ans. Impossible de savoir si l’UBS est plus généreuse. Mardi, son porte-parole était débordé.

L’exemple américain

Tout comme Novartis, Nestlé est également coté à la bourse US. Le géant de l’alimentation publie donc depuis plusieurs années les montants des rémunérations de ses leaders, comme il est d’usage outre-Atlantique.

Mais là aussi, il s’agit de chiffres globaux. Impossible d’en déduire le traitement individuel de chacun. En 2001, les 19 membres du conseil et de la direction générale ont touché en tout 19 millions de francs, plus un certain nombre d’options leur permettant d’acheter des actions.

Même incertitude chez ABB (4,5 millions répartis entre sept administrateurs) et chez l’assureur Swiss Re, où les 28 membres du conseil et de la direction se sont partagé 32 millions de francs, dont un peu plus de la moitié en options.

Discrétion romande

Malgré ce flou artistique, la publication des revenus des administrateurs, voire des directeurs entre peu à peu dans les mœurs helvétiques. En général, ces informations sont incluses dans les rapports annuels des sociétés, mais il faut souvent un œil bien exercé pour les trouver du premier coup.

Toutefois, la Romandie cultive encore un goût du secret nettement plus marqué que la Suisse alémanique. Interrogés récemment par le quotidien Le Temps, Pierre Lamunière, président d’Edipresse, et André Kudelski, patron du groupe qui porte son nom, ont défendu leur droit de se taire. Le second nommé estime même que «la transparence crée parfois plus de problèmes qu’elle n’en résoud».

Quant aux cadres de la Banque cantonale vaudoise et à leur président Gilbert Duchoud – pris depuis quelque temps dans de sérieux remous -, ils estiment que leurs rémunérations relèvent tout simplement «de la sphère privée».

Marc-André Miserez

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