Vers un rebond de l’économie suisse
Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, le FMI prévoit une croissance de 0,8% pour la Suisse en 2002. Et une relance en 2003.
Selon l’étude publiée par le Fonds monétaire international (FMI), le produit national brut helvétique va plus que tripler en 2003 par rapport à cette année, pour atteindre un taux de croissance de 2,6%.
Moins bien que la zone Euro
Le chômage, qui a augmenté de 0,7% au cours de l’année écoulée, devrait atteindre 2,6% cette année, avant de commencer à diminuer en 2003. Le FMI prédit aussi que, comme l’an passé, l’inflation se maintiendra à 1% tant en 2002 qu’en 2003.
Malgré l’amélioration prévue par le FMI, la croissance de la Suisse devrait être inférieure à celle de ses voisins à l’horizon 2003. L’institution financière internationale table en effet sur un taux de croissance de 1,5% en 2002 et de 2,9% en 2003 pour la zone Euro. Tandis que le taux de chômage moyen des Quinze devrait rester virtuellement inchangé, sur les deux années en question, aux alentours de 7,8%.
Bons et mauvais points
Une équipe d’experts du FMI s’est récemment rendue à Berne. Dans leur rapport de mission, les économistes internationaux saluent les réductions de taux d’intérêt décidées par la Banque nationale suisse, la compétitivité des exportations, la flexibilité du marché de l’emploi, la vitalité du secteur financier et les mesures adoptées pour lutter contre le blanchiment de l’argent sale.
Ils soulignent aussi que la croissance de la Suisse est «aidée par les bénéfices tirés des accords bilatéraux conclus avec l’Union Européenne». Mais le FMI regrette «une dérive évidente, au niveau fédéral, par rapport aux intentions d’équilibre budgétaire».
«Tout accentuation de ce glissement, sous la forme de nouvelles dépenses ou de réduction d’impôts, doivent être absolument évitées», ajoute le FMI. Et de conseiller à la Confédération d’utiliser les revenus engrangés notamment lors du rachat par Swisscom de ses actions pour diminuer la dette publique et assurer l’équilibre du budget 2002.
Par ailleurs, les économistes internationaux déplorent que la libéralisation du marché de l’électricité et la baisse de l’aide à l’agriculture traînent en longueur.
Plus de transparence
Le FMI se prononce enfin en faveur d’une meilleure administration des entreprises helvétiques. «L’effondrement de Swissair a mis en lumière le besoin d’un relèvement des normes de gouvernance d’entreprise», considère l’institution financière internationale.
Le FMI estime que le code de conduite proposé par le patronat est «une première étape utile». Cependant, l’organisation conseille à la Suisse d’aller plus loin pour améliorer la transparence et les règles de comptabilité, afin de «permettre une représentation équitable des intérêts des actionnaires et établir de puissants gardes-fous contre les conflits d’intérêts».
Et puis, face à l’intégration grandissante des compagnies d’assurance et des banques, le FMI prône «un processus plus formalise de coopération entre les différents régulateurs financiers», un processus qui serait de nature à garantir la supervision des audits externes et le contrôle de tous les gestionnaires d’avoirs.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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