A Johannesburg, l’optimisme réaliste de la Suisse
Le Sommet de la Terre cherche son rythme de croisière. Les délégations préparent le terrain aux ministres qui arriveront ce week-end.
Alors que les grands thèmes attendent encore réponse, la délégation suisse se fait une raison mais ne désespère pas.
Même si les participants de la Conférence se confrontent chaque jour à d’énormes problèmes de transports, les négociations vont bon train.
L’ambiance est bonne, confirme Serge Chappatte, responsable des négociations de la délégation suisse. Mais, pour parler helvétique, les discussions se mènent «à la culotte».
Les échanges sont toujours aussi tendus autour des grands thèmes qui font problème: finances, commerce, globalisation, gouvernance, et sur la nécessité d’un calendrier d’engagements précis.
Sauver l’essentiel
Serge Chappatte reste «réalistiquement optimiste»: le Sommet devrait parvenir à se mettre d’accord, mais ce sera sur le plus petit dénominateur.
«On n’aura sans doute pas d’objectifs quantitatifs et on sera en deçà des attentes suisses, mais on aura sauvé l’essentiel, le développement durable restera à l’ordre du jour international.»
«Pour le moment, confirme l’ambassadeur Beat Nobs, de l’Office fédéral de l’environnement, personne n’est encore prêt à faire des concessions, des compromis.»
Mais il ne faut pas demander au Sommet ce qu’il ne peut pas donner. Les décisions concrètes se prennent dans le cadre des conventions. Ce qu’on attend, dit-il, «c’est un message politique fort en faveur du développement durable».
Les ONG voient rouge
Pendant ce temps, les organisations non gouvernementales disent leur mauvaise humeur. Elles dénoncent le «phagocytage» du Sommet par les grandes entreprises privées.
René Longet, président de la Société suisse pour la protection de la nature, pose à peu près le même diagnostic: «au Sommet, il y a une entrée à deux vitesses et c’est assez normal que la société civile se sente flouée».
Il se refuse cependant à généraliser: «l’économie, c’est à la fois le problème et la solution du développement durable; dans ces milieux là, il y a aussi des forces qui poussent en sa faveur».
Reste que le «business» occupe ostensiblement la place. Nombre d’événements de la Conférence sont sponsorisés et des stands gouvernementaux quasiment «squattés» par des multinationales de l’environnement
Cela dit, René Longet, qui représente les ONG de l’environnement au sein de la délégation suisse, profite au maximum de l’événement: «on a plein de contacts et plein de projets avec plein de gens pour assurer le suivi du Sommet.»
swissinfo/Bernard Weissbrodt à Johannesburg
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