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Comment protéger les aînés

La maltraitance des aînées n’est donc pas toujours facile à détecter. Keystone Archive

La maltraitance concerne au moins 5% des personnes âgées. L'Association ALTER EGO veut lutter contre ce type de violence trop souvent passée sous silence.

La vieillesse s’accompagne d’une perte d’autonomie psychique, économique et sociale qui rend les personnes âgées toujours plus dépendantes et plus vulnérables. Cette évidence n’échappe à personne. Mais la violence qui se nourri de cette fragilité fait encore figure de tabou.

Quant les vieux sont des souffre-douleur

Il est difficile d’admettre que, dans nos sociétés occidentales, les aînés puissent devenir de véritables soufre-douleur. Pourtant, depuis plusieurs année déjà, les professionnels de la santé et du social tirent la sonnette d’alarme.

Ils affirment que les personnes âgées – qu’elles vivent dans les institutions ou bien à domicile – sont trop souvent les victimes silencieuses des violences aux multiples visages.

«Ces dernières années, les médias ont mis l’accent sur la maltraitance des personnes âgées dans certains centres médico-sociaux, rappelle Jacques Repond, membre de Pro Senectute Suisse et responsable du secrétariat de l’association ALTER EGO. Mais, en Suisse, seuls 3% à 5% des aînés vivent en institution.»

Lutter contre toutes les formes de violence

Donc c’est surtout au sein des familles que les abus sont les plus manifestes. Alertés par plusieurs cas de maltraitance à domicile, la Fondation Leenaards, Pro Senectute, les Services d’aide et de soins à domicile, la Policlinique de gériatrie de Genève et la Fédération romande des consommateurs planchent sur la question depuis deux ans.

Et, pour pouvoir coordonner leur combat au plan national, ces institutions ont fondé ALTER EGO, l’association suisse contre la maltraitance des personnes du troisième âge.

L’objectif est de sensibiliser l’opinion publique et de lutter efficacement contre toutes les formes de violence faites aux personnes âgées. Et la liste est longue.

«Lorsque l’on parle de maltraitance, on pense immédiatement aux violences physiques, dit Jacques Repond. Mais il faut savoir qu’elles ne représentent que la pointe de l’iceberg.»

Violences physiques et psychologiques

A en croire les chiffes avancés par certains spécialistes, les sévices physiques ne représenteraient en effet que 15% des atteintes à l’intégrité et à la dignité des aînés.

Dans 40% des cas, les violences sont de nature psychologique. Injures, mépris ou intimidation sont au menu des brimades quotidiennes que subissent les anciens.

«On les traite parfois comme des gâteux incapables et irresponsables, ajoute Jacques Repond. Et il n’est pas rare qu’on les menace de les placer en institution ou de les priver de visite et de contact avec leurs petits-enfants.»

Les abus ou les pressions matérielles sont également à inscrire au nombre des maltraitances auxquelles sont confrontés les aînés. Et, dans ce domaine, la palette est large.

Elle va du cas de l’enfant qui prend l’argenterie de ses parents sous prétexte qu’ils n’organisent plus de grands soupers jusqu’au détournement de fonds, en passant par la création de procurations frauduleuses.

Une maltraitance difficile à identifier

«Maltraiter une personne âgée, c’est aussi la priver des soins essentiels, voire d’un médicament qui pourrait soulager une douleur», rappelle Jacques Repond.

La maltraitance des aînées n’est donc pas toujours facile à détecter. D’autant plus que les victimes se taisent trop souvent, par peur de représailles ou faute d’avoir conservé une bonne estime d’elles-mêmes.

«L’un des objectifs d’ALTER EGO est notamment d’aider les professionnels à mieux identifier les cas de maltraitance, explique Jacques Repond. A terme, il s’agira de créer, dans chaque canton, des groupes d’experts qui aideront les intervenants à agir efficacement sur le terrain.

C’est que l’association, née sur les bords du Léman, entend bien étendre son action à l’ensemble du pays. Pour y parvenir, elle s’est d’ailleurs assurée le concours de deux ambassadrices de choix.

La conseillère aux Etats genevoise Françoise Saudan et l’ancienne conseillère nationale bâloise Angeline Fankhauser se sont mises au service d’ALTER EGO. La première occupe le poste de présidente. Et la seconde, celui de vice-présidente.

swissinfo/Vanda Janka

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