Intempéries catastrophiques, la Suisse épargnée
Les pluies continuent de semer la mort et le chaos dans l'est européen. La Suisse a échappé au pire.
Le centre historique de Prague est évacué. Le bilan s’alourdit en Allemagne, alors que la pluie continue.
Le bilan des pluies diluviennes qui s’abattent sur l’Europe continue de s’alourdir avec au moins 76 morts signalés dont 58 pour la seule Russie, le pays le plus touché.
Après l’Autriche, c’est au tour de l’Allemagne. En Saxe, dans le sud-est, l’Elbe a atteint 6,5 mètres, entraînant les premières évacuations à Dresde et dans le nord. Dans le sud, en Bavière, le Danube a dépassé les dix mètres.
En Suisse, où la pluie a cessé lundi, la situation se normalise. En Thurgovie, la rivière Thur a réintégré son lit mardi matin. L’inondation qui recouvrait les champs a commencé à se résorber. Le niveau de la rivière avait atteint 4,08 mètres, alors que la limite critique est fixée à 5,10 mètres.
Le Rhin, qui a également subi une forte crue dans la région de Bâle, est à nouveau navigable. Le niveau du fleuve est redescendu au-dessous du seuil critique de 4,30 mètres en soirée.
De même à Berne, le niveau de l’Aar a commencé de baisser. La Suisse a eu chaud.
La montagne plus touchée que la plaine
Les régions de montagne ont enregistré les deux tiers de la moyenne mensuelle des précipitations. Il a même neigé dans les Alpes. En plaine aussi, il est tombé plus de la moitié de la moyenne d’août.
«Ce sont les trois derniers jours qui ont été difficiles, surtout dans le sud et le Valais», indique Galden Truog, prévisionniste au Service météorologique suisse.
Mais Galden Truog estime que la Suisse a eu plus de chance que, par exemple, l’Autriche, où les dégâts sont considérables. «Chez nous, les pluies ont duré moins longtemps et ont cessé juste au moment où les rivières allaient sortir de leur lit.»
L’agriculture fait la grimace
«Ce qui est exceptionnel cet été, c’est qu’il ait plu aussi longtemps», note Hubert Pauchard, du Service phytosanitaire du canton de Fribourg.
En dessous de 600 mètres, les récoltes sont quasi terminées. «Mais au-dessus, précise Hubert Pauchard, les céréales ont germé et sont impropres à la consommation.
Par contre les pommes de terres ou les betteraves supportent l’eau. Comme le fourrage qui au contraire en profite.»
Autre inquiétude, les cultures maraîchères. Là où elles sont inondées, comme dans le Grand Marais ou le Seeland, elles seront perdues, notamment les oignons et les carottes. Les cultures sous couvert souffrent, elles, des maladies favorisées par la température.
Là où les champs sont «seulement» détrempés, impossible d’y travailler. La météo annonce du soleil pour mardi mais, selon Hubert Pauchard, « il n’est pas question de récolter quoi que ce soit cette semaine, car il faut entre trois et cinq jours pour que l’eau se résorbe».
Par contre, cet été 2002 est idéal pour les champignons, qui foisonnent. Tout n’est pas perdu pour tout le monde.
Le tourisme ne s’affole pas
Le tourisme, lui, n’est pas affecté, même si les régions tablent sur un été moins fructueux que le précédent. «Mais les annulations n’ont pas augmenté», indique Claudia Zimmermann, chez Hotelplan.
A Suisse Tourisme, Oliver Kerstholt note que «la seule région qui a subi des annulations c’est la région du Léman. Mais nous pensons que c’est en raison de la morosité de l’économie en général».
Par contre les propriétaires de piscines font la grimace. Malgré la chaleur de juin, ils affichent des baisses importantes.
swissinfo
Il est tombé jusqu’à 120 mm d’eau dans les Alpes.
La neige est tombée jusqu’à 2300 mètres.
Le soleil est revenu mardi en Suisse.
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