Banque sur l'Internet: les têtes tombent chez Vontobel

Jörg Fischer a dû vider son bureau séance tenante. Keystone Archive

La débâcle de la banque internet y-o-u fait rouler les têtes chez Vontobel. Trois dirigeants de la banque zurichoise - dont son président Jörg Fischer - ont été démis de leurs fonctions avec effet immédiat. Hans-Dieter Vontobel reprend les rênes et provisionne dans l'urgence 100 millions sur les comptes 2000.

Ce contenu a été publié le 15 mars 2001 - 18:50

Au total, 250 millions de francs sont déjà partis en fumée dans le projet de banque internet y-o-u. Et ce n'est qu'un début: comme l'a admis Hans-Dieter Vontobel devant la presse convoquée à la hâte jeudi à Zurich, l'ampleur des dégâts n'est pas connue pour l'instant et la débâcle grèvera également les comptes courants.

Pour justifier les renvois, la banque invoque non seulement des manquements dans le contrôle de la filiale internet y-o-u, mais aussi des abus dans la division Corporate Finance de la banque. Hans-Peter Bachmann, membre du conseil d'administration de y-o-u mais aussi vice-président du comité directeur de la banque, est particulièrement sur la sellette.

Une inspection dans le département Corporate Finance dont il est responsable a en effet laissé apparaître des «irrégularités relevant de l'abus de pouvoir (par exemple octroi de crédits supérieurs aux limites prescrites) et du non-respect de principes comptables». Il a été licencié avec effet immédiat mercredi soir.

Des réviseurs seront nommés ces prochaines semaines, avec pour tâche d'examiner les conséquences financières de ces irrégularités pour le groupe. Jörg Fischer, président et délégué du conseil d'administration de la banque Vontobel, a dû également vider son bureau séance tenante.

Il lui est reproché de n'avoir pas fait face à ses obligations de contrôle dans le cadre du projet y-o-u et vis-à-vis du chef du département Corporate Finance. Walter Kaeser, directeur financier du groupe, doit prendre la porte pour les mêmes raisons.

«Un mauvais choix», c'est ainsi que Hans-Dieter Vontobel qualifie à posteriori sa décision de confier la direction du groupe Vontobel à Jörg Fischer au début de l'année dernière. Des poursuites judiciaires contre les trois hommes ne sont pas exclues, indique l'homme qui vient de reprendre le commandes dans l'urgence.

En revanche, l'ex-homme fort de Swisscom et président du conseil d'administration de y-o-u Tony Reis est épargné par la tempête. Sa démission des conseils d'administration de la banque et du groupe Vontobel a été refusée, l'échec du projet n'étant «pas de sa responsabilité». Il assurera la liquidation de la banque en ligne.

L'action Vontobel a bien évidemment fortement souffert de cette annonce et des incertitudes qui l'accompagnent. A la clôture de la Bourse suisse jeudi, le titre plongeait de près de 17% à 2635 francs, un rien au-dessus de son cours le plus bas du jour (2630 francs).

swissinfo avec les agences

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