Fonds propres des banques: le gouvernement se tâte
Le gouvernement doit se déterminer quant à un renforcement de la réglementation relative aux fonds propres des grandes banques, auquel s'oppose l'Association suisse des banquiers. Des tergiversations qui font bondir le professeur Hans Geiger.
Les grandes banques ont intérêt à tirer les enseignements de la crise financière en renforçant leur couverture en fonds propres. Personne ne conteste le principe, mais la forme que prendra le nouveau régime fait débat depuis des mois.
Avec le soutien de la Banque nationale suisse (BNS), la Commission fédérale des banques (CFB) ne veut pas seulement un relèvement de la couverture, mais également l’introduction d’un taux minimal. Fixant le niveau de fonds propres par rapport au total des actifs du bilan, ce «leverage ratio» – un taux de 4% à 5% est évoqué – est pourtant combattu par les grandes banques et l’Association suisse des banquiers (ASB).
Le débat est désormais porté sur le plan politique. Dans un entretien publié samedi par la «NZZ», le ministre des finances Hans-Rudolf Merz précise soutenir les propositions de la CFB et de la BNS, mais attendre encore des précisions de la CFB.
De son côté, Hans Geiger, professeur au Swiss Banking Institute de l’Université de Zurich, estime dans le quotidien «Le Temps» qu’il «est évident que le lobby des grandes banques a influencé l’ASB et Berne» contre ce type de réglementation. Pour lui, il est «impensable» que l’on puisse contester l’intérêt d’un «leverage ratio», une mesure qui permet de «garder le contrôle sur les bilans des banques».
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