Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, lecteurs de Suisses et du monde,
Si vous appartenez à la seconde catégorie, vous ne recevrez pas le matériel pour les prochaines votations fédérales par voie électronique. Le Conseil des États vient d’enterrer une motion que demandait une solution dans ce sens. Vous devrez donc toujours vous en remettre aux aléas des services postaux, en attendant une introduction, désormais hypothétique, du vote en ligne…
Dans notre sélection du jour, il est aussi question de violences policières, d’investissements suisses à l’étranger et d’une nouvelle «affaire» pour UBS.
Excellente lecture,
Les Suisses de l’étranger ne recevront pas leur matériel de vote par voie électronique – ce qui aurait permis de pallier certains retards des postes. Le Conseil des États a enterré une motion allant dans ce sens, qui avait pourtant passé la rampe du Conseil National.
Suivant où il habite dans le monde, un expatrié suisse a toutes les chances de recevoir son enveloppe de vote trop tard pour la renvoyer dans les délais. Or, la Constitution garantit les droits civiques à chaque citoyenne et citoyen helvétique.
La solution serait le vote électronique. Mais pour des raisons de sécurité, les projets sont actuellement gelés. L’Organisation des Suisses de l’étranger continue à faire pression pour son introduction. Pour elle, l’envoi des documents en ligne aurait constitué une solution transitoire.
L’avenir du e-voting apparaît toutefois très incertain. Deux initiatives, l’une populaire, l’autre parlementaire, sont en cours pour demander un moratoire sur la question.
- L’article de ma collègue Sonia Fenazzi
- Les Suisses de l’étranger, citoyens de seconde zone? Notre Point Fort
Violences policières, profilage racial: cela existe aussi en Suisse. Une meilleure formation a permis de réduire le nombre d’incidents, mais pas mal reste à faire.
«Je pense que deux ans de formation policière ne suffisent pas», déclare Frédéric Maillard, chercheur et conseiller auprès des polices cantonales de Suisse depuis de nombreuses années, dans une grande interview à swissinfo.ch.
Les propos racistes tenus par certains policiers lorsqu’ils sont entre eux, et parfois aussi lors des arrestations restent un problème, estime encore le spécialiste. Ces hommes ne savent apparemment pas que ces propos sont punissables, même quand ils sont tenus à huis clos.
«Il y a de plus en plus de jeunes policiers, en particulier des femmes, qui veulent changer», constate notre interlocuteur. Mais la police elle-même est extrêmement conservatrice et réticente au changement.
- L’article de ma collègue Veronica DeVore
- Profilage racial, discriminations: en Suisse, un racisme structurel existe aussi, par ma collègue Pauline Turuban
Avec son économie prospère et ouverte, la Suisse investit beaucoup à l’étranger, et notamment en Europe. Le montant de ces investissements est en hausse constante depuis des années, même si la crise du coronavirus va y mettre un coup de frein.
Les investissements directs suisses en France ont atteint en 2019 un montant record: près de 90 milliards de francs. Et les autres pays limitrophes, Allemagne, Autriche et Italie ne sont pas en reste.
Dans le monde, la Suisse est le 10e plus gros investisseur direct, selon le classement du Fonds monétaire international. Ceci s’explique notamment par la présence de nombreux sièges de grands groupes internationaux sur son territoire.
Toutefois, les flux mondiaux d’investissements directs étrangers vont connaître «une chute spectaculaire», cette année déjà mais aussi en 2021, en raison des effets de la pandémie de Covid-19. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement s’attend à une baisse de 40% par rapport aux niveaux de 2019.
- L’article de ma collègue Pauline Turuban
65 millions de dollars «évadés» du Yémen en crise vers Singapour depuis des comptes à l’UBS: c’est la nouvelle affaire qui occupe le parquet fédéral. L’argent aurait été caché en 2011 par l’ex-président Saleh et d’autres personnalités placées sur liste noire par les Nations Unies.
Ali Abdullah Saleh s’est montré particulièrement habile pour blanchir les fortunes spoliées à son pays. Selon le Groupe d’experts de l’ONU sur le Yémen, l’ancien homme fort, assassiné en 2017, aurait amassé, pendant ses années au pouvoir, entre 32 et 60 milliards de dollars.
La majeure partie de ce butin aurait été transférée à l’étranger sous de faux noms ou par l’intermédiaire de prête-noms. À l’époque, les banques étaient rendues attentives à ces manœuvres. En 2012 déjà, Ridha Ajmi, avocat spécialisé dans la traque des fortunes des potentats arabes, s’étonnait que la Suisse ne fasse pas preuve de davantage de diligence.
- L’article du collectif d’investigation Gotham City
- Que peut faire la Suisse pour résoudre la crise au Yémen?, article récent de ma collègue Kathrin Ammann
- UBS condamnée à une amende record à Paris, un des derniers jugements en date impliquant le géant bancaire suisse (février 2019), par mon collègue Mathieu van Berchem
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