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Suisses d’ici et du monde, bonjour,

L’intelligence artificielle est partout dans nos vies, même là où on ne soupçonne pas sa présence. Ces machines qui font comme si elles pensaient – parce qu’en réalité, elles en sont très loin – fascinent, agacent ou font peur. Mais ce ne sont pas des jouets, et il est urgent de leur fixer un cadre légal. L’Union européenne est en train de le faire. Et la Suisse? Il semble qu’elle ait raté ce train, et si elle ne fait pas très vite, elle pourrait bien, d’ici un an ou deux, n’avoir d’autre choix que d’adopter la législation des 27.

Bruxelles justement, avec qui Berne va renouer les relations brutalement rompues il y a plus de deux ans et demi. Son ambassadeur à Berne se veut rassurant: la Suisse ne va pas y perdre sa souveraineté ni ses hauts salaires. Cela relève plutôt «d'un épouvantail que l'on agiterait», comme il l’a dit à la RTS.

Excellente lecture,

IA
Getty Images/istockphoto / Peshkova

Ce sera la première législation au monde visant à limiter le pouvoir des systèmes d’intelligence artificielle (IA) et des entreprises qui les développent. Et elle est européenne. Le Parlement de Strasbourg et le Conseil de l’UE devraient l’adopter au printemps prochain. Quand elle sera en vigueur, que fera la Suisse, pays non-membre de l’UE mais très actif dans la recherche sur l’IA?


La nouvelle réglementation prévoit l’interdiction des systèmes d’intelligence artificielle qui présentent un risque «inacceptable» pour la citoyenneté et la démocratie. Soit, en premier lieu, l’utilisation de données personnelles sensibles à des fins de manipulation psychologique, de catégorisation sociale et de profilage racial, sexuel ou religieux. Les législateurs se sont aussi penchés sur les logiciels d’IA générative, comme ChatGPT, et ceux qui utilisent cette technologie pour créer des images manipulées, exigeant la transparence des données et le respect des droits d’auteur.

Fin novembre, le Conseil fédéral a décidé de rejoindre la liste, toujours plus longue, des pays intéressés par une réglementation, en déclarant vouloir explorer des approches conformes au droit européen et à la Convention sur l’IA du Conseil de l’Europe, institution à laquelle la Suisse contribue. Une décision sur la suite du processus est attendue d’ici fin 2024. Mais alors, il se pourrait bien que l’influence du droit européen ne laisse guère d’autre choix à la Suisse que de l’adopter de manière passive.

Petros Mavromichalis
Keystone / Alessandro Della Valle

La Suisse ne devrait pas avoir peur pour sa souveraineté ni pour ses salaires en cas de nouvel accord avec l’UE. Parole d’ambassadeur européen. Petros Mavromichalis a réagi dimanche au micro de la RTS au feu vert du Conseil fédéral sur le projet de mandat de négociation avec Bruxelles.


«Nos États membres sont souverains, il s’agit d’exercer cette souveraineté en commun. En l’occurrence, on ne parle même pas d’adhésion de la Suisse à l’Union européenne, qui impliquerait ce partage de souveraineté, mais simplement de participation de la Suisse au marché intérieur européen et au respect de ses règles» a précisé l’ambassadeur de l’UE à Berne.

«Quant à la pression sur les salaires, cela relève plutôt de la crainte ou d’un épouvantail que l’on agiterait. La Suisse n’est pas un cas unique ou isolé», a ajouté Petros Mavromichalis. «Nos États membres ont des niveaux de salaires très différents. Les Allemands ne travaillent pas à des salaires polonais, et les Autrichiens ne travaillent pas non plus à des salaires slovènes. Donc je ne vois pas pourquoi il en serait différemment en Suisse», a encore dit le diplomate.

Ecole
Gaetan Bally

Un individu menaçant dans une école de Cortaillod et la police neuchâteloise est sur place en sept minutes. Mais le système ne fonctionne pas forcément aussi bien dans tous les cantons. Le récent cas de ce jeune Algérien qui s’est mis à hurler «allah ou akbar» dans un établissement primaire a montré que les enseignants de Cortaillod maîtrisaient parfaitement le plan Amok, conçu pour mettre les élèves à l’abri et donner l’alarme.


Mais l’état de préparation au plan Amok peut différer largement d’un canton à l’autre. Les ministres cantonaux de la sécurité se sont réunis la semaine dernière pour faire le point. Ce sont les écoles des cantons de Genève et de Berne qui ont les alarmes Amok les plus anciennes. À Genève, les modalités du dispositif et les consignes à suivre sont transmises chaque année aux établissements depuis une quinzaine d’années.

Si les enseignants du secondaire II et du post-obligatoire sont plutôt bien informés dans le canton de Vaud, à Fribourg, en Valais et dans le Jura, l’école obligatoire présente des lacunes. Au lendemain de l’incident de Cortaillod, plusieurs médias révélaient qu’Amok n’était pas toujours connu des directions d’écoles jurassiennes. Dans le canton de Vaud, il est déjà prévu de pallier cette lacune. Et le Valais estime nécessaire une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire de ses établissements avec les forces de l’ordre.

Couteau suisse
© Keystone / Gaetan Bally

«Un vrai homme doit porter un couteau dans sa poche». Plus vraiment dans l’air du temps, ce dicton s’appliquait au fameux couteau suisse – un outil plus qu’une arme sous nos latitudes. Mais au Japon, on peut être condamné pour le port d’un tel engin – pourtant bien inoffensif comparé à certaines armes blanches.


Au Japon, un homme a été condamné à une amende pour le port d’un couteau suisse. Un tribunal d’Osaka a considéré qu’il transportait un objet dangereux. Un tel verdict serait impensable en Suisse. Certes, il est aussi punissable de transporter un objet dangereux, mais le couteau de poche est exclu de cette catégorie et n’est pas non plus considéré comme une arme.

En Suisse, seuls les couteaux qui s’ouvrent d’une seule main, comme les crans d’arrêt et les papillons, ainsi que les poignards à lame symétrique sont interdits. Pourtant, la statistique criminelle 2022 montre que les armes blanches sont le moyen le plus fréquemment utilisé pour les homicides (17 cas sur 42) ou les tentatives d’homicide (117 sur 195).

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