Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses de l’étranger,
Vous souvenez-vous encore de votre premier jour d’école? Oui, l’école était différente autrefois, mais était-elle meilleure? Pas sûr. À mon époque, nous devions, par exemple, nous agenouiller devant le tableau noir.
Aujourd’hui, le défi se situe ailleurs. La concentration, devenue une compétence clé, fait souvent défaut. Parfois à cause du téléphone portable, mais en ce moment surtout à cause de la chaleur écrasante.
Salutations de Berne,
Les écoles obligatoires de neuf cantons ont entamé ce lundi la nouvelle année scolaire. Les élèves des cantons d’Argovie, Berne, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Glaris, Saint-Gall, Soleure, Schwytz et Thurgovie ont fait leur rentrée.
Sur le front de la pénurie d’enseignants et enseignantes, plusieurs cantons observent un léger apaisement, selon un sondage réalisé par l’agence de presse Keystone-ATS. La baisse du nombre de naissances ainsi que l’augmentation du nombre de professionnels formés pourraient contribuer à améliorer la situation à moyen terme.
Le canton de Zurich indique ne plus se trouver dans une situation de pénurie. Bâle-Campagne fait également état d’une évolution positive. Dans le canton de Berne, en revanche, la situation n’est pas encore détendue. L’association faîtière du personnel enseignant dans les cantons germanophones ne voit pas non plus de raison de crier victoire. «La pénurie d’enseignants reste un défi», déclare un porte-parole.
La chaleur persistante devrait toutefois être le thème dominant cette semaine dans de nombreuses écoles. La plupart des salles de classe en Suisse ne disposent d’aucun système de climatisation. Avec des températures dépassant les 30 degrés, la capacité de concentration tant des élèves que celle des professeurs décline.
À Bâle, certaines écoles envisagent d’installer des ventilateurs de plafond. D’autres cantons recommandent de privilégier les activités extrascolaires l’après-midi, comme la visite d’un musée climatisé.
Entre 1930 et 1989, la police fédérale a aussi surveillé beaucoup de futurs membres du Conseil fédéral. Au total, 39 conseillères et conseillers fédéraux ont fait l’objet d’un fichage.
Parmi les personnes fichées figurent notamment Christoph Blocher, Moritz Leuenberger, Ruth Dreifuss et Elisabeth Kopp. Selon la SonntagsZeitung, bon nombre des personnes concernées avaient été enregistrées dès leur jeunesse, bien avant d’accéder à une fonction gouvernementale. Dans le cas de Ruth Dreifuss, son seul engagement contre la guerre du Vietnam a suffi à justifier l’ouverture d’une fiche, d’après le journal.
L’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger a témoigné à la SonntagsZeitung au sujet de son propre dossier. En tant que président de la commission d’enquête parlementaire instituée en 1989, il avait contribué à révéler le scandale des fiches.
«J’y ai surtout lu des banalités, des erreurs, et même des faussetés délibérées», déclare l’ancien conseiller fédéral socialiste. Il affirme en outre avoir été associé, dans les documents, à des personnes avec lesquelles il n’entretenait pourtant aucun lien. De tels éléments illustrent bien, selon lui, le mélange de soupçons et d’accusations infondées que l’on retrouvait constamment dans ces fiches.
Les fleuves et les lacs ignorent les frontières. En période de pénurie d’eau, les conflits autour de cette ressource sont inévitables.
La Suisse est le château d’eau de l’Europe. Elle ne couvre même pas 0,5% du territoire européen, mais détient jusqu’à 6% des réserves d’eau douce du continent.
Le Tessin alimente le Pô en Italie. Le Rhin traverse l’Allemagne et les Pays-Bas avant de se jeter dans la mer du Nord. Cela fait de la Suisse un acteur important de la diplomatie de l’eau, et la met sous pression à mesure que les sécheresses se multiplient. Cet été, presque chaque cours d’eau prenant sa source dans les Alpes, chaque lac partagé avec un pays voisin, constituent un terrain potentiel de confrontation.
Actuellement, l’Italie souhaite, par exemple, que le Tessin laisse s’écouler davantage d’eau depuis ses barrages, l’agriculture régionale souffrant de la sécheresse. Mais cela mettrait en péril les réserves destinées à la production hivernale d’électricité. L’agriculture tessinoise a en outre besoin d’eau elle aussi.
L’Italie réclame également un niveau d’eau plus élevé du Lac Majeur, afin que ce dernier puisse être exploité par l’agriculture riveraine. Le Tessin, de son côté, craint des inondations dans la région de Locarno.
Dans un article de la NZZ, l’hydrologue Klaus Lanz se dit convaincu que les conflits de répartition de l’eau entre la Suisse et ses pays voisins vont s’intensifier. La semaine dernière encore, le conseiller fédéral en charge des transports, Albert Rösti, a annoncé la révision de la stratégie nationale en matière d’eau. Le sujet est ainsi également devenu une priorité pour le Conseil fédéral.
La chaleur persistante et la sécheresse mettent aussi l’UDC sous pression. Le parti reconnaît désormais le changement climatique, mais reste réservé quant à ses causes.
«Le réchauffement climatique n’est pas une mauvaise chose pour les paysans.» C’est ce qu’affirmait en 2024 le conseiller national UDC Marcel Dettling, fraîchement élu président du plus grand parti du pays, dans un entretien souvent cité aujourd’hui. Face à la sécheresse actuelle et aux pertes de récoltes, cette appréciation a plutôt mal vieilli.
Sur le plan de la politique climatique, l’UDC a néanmoins évolué: le parti ne remet plus fondamentalement en question l’existence du changement climatique. De nombreux représentants du parti continuent toutefois de douter que l’être humain en soit la cause principale. À ce sujet, Marcel Dettling avait à l’époque évoqué une «nouvelle forme de chasse aux sorcières».
Plutôt que de miser sur la réduction des émissions, le parti privilégie surtout des mesures d’adaptation. De nombreux parlementaires UDC sont convaincus que la Suisse saura faire face aux conséquences du changement climatique. C’est le cas du conseiller national Manfred Bühler, qui déclare: «Si le réchauffement se poursuit, la Suisse aura, en 2100, à peu près le climat de la Californie. Les gens n’y tombent pas non plus morts en série. Au contraire, c’est une région prospère.»
Malgré la baisse des émissions nationales, le conseiller fédéral Albert Rösti a récemment reconnu que les objectifs climatiques pour 2030 seraient difficiles à atteindre. Le ministre UDC fait toutefois valoir que la Suisse ne contribue que dans une faible mesure aux émissions mondiales et ne peut influencer que de manière limitée le climat planétaire.
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