La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast
.

Aujourd’hui en Suisse

Helvètes du monde, bonjour,

En plein lundi de Pentecôte, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe diplomatique: le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et des dirigeants du Hamas.

Si les États-Unis jugent la décision «scandaleuse», l’Allemagne regrette pour sa part que celle-ci donne une «impression fausse d'équivalence» entre ces responsables. La France soutient quant à elle la CPI.

Ce mardi, pour Philippe Currat, avocat à Genève et spécialiste de droit pénal international, il «était nécessaire de viser les deux camps».

Bonne lecture,

.
KEYSTONE/TI-PRESS / MARIA LINDA CLERICETTI

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé lundi des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et des dirigeants du Hamas pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza. Philippe Currat, avocat à Genève et spécialiste de droit pénal international, est revenu sur la décision au microphone de la RTS mardi.

Interrogé dans La Matinale sur RTS radio mardi, Philippe Currat pense que le fait que le procureur de La Haye compare Israël, «pays démocratique», avec «les meurtriers de masse du Hamas» fâche particulièrement. Il a aussi rappelé que l’État hébreu est l’un des sept pays à avoir voté contre la création de la Cour pénale internationale en 1998. Mais «je ne pense pas qu’on soit sur un pied d’égalité», a-t-il ajouté.

L’avocat genevois précise qu’«il n’y a pas de mise en commun ou de mise sur le même plan des actes qui sont décrits. Il y a une concomitance dans l’annonce, mais chaque personne visée l’est pour des actes qu’on lui reproche à titre personnel.» Selon Philippe Currat, pour que le bureau du procureur Karim Khan garde sa crédibilité et ne soit pas accusé d’être partial, «il était nécessaire de viser les deux camps en présence.» 

Les juges de la CPI doivent à présent décider s’ils émettent les mandats d’arrêt. Si tel est le cas, cela aura des conséquences sur la liberté de mouvement des dirigeants visés. Fait unique, le procureur s’est fait assister d’un groupe de spécialistes qui a mené une analyse indépendante de la situation et qui a publié son rapport en marge de l’annonce même.

.
KEYSTONE

Le chômage des travailleuses et travailleurs frontaliers est source de tensions entre la Suisse et la France. Cette dernière souhaite modifier un règlement européen pour forcer la Confédération à indemniser davantage les frontaliers sans emploi.

L’indemnisation des frontaliers au chômage coûte plusieurs millions de francs par an à la France, alors que les personnes indemnisées sont employées en Suisse et y paient l’intégralité de leurs cotisations au chômage. La Confédération ne remboursant qu’une petite partie de ces frais à la France, le déséquilibre financier a coûté 8 milliards de francs au régime d’assurance chômage français, entre 2011 et 2022.

Cette indemnisation des frontaliers se base sur un règlement européen. Xavier Roseren, député de Haute-Savoie sous les couleurs du parti Renaissance d’Emmanuel Macron, souhaite qu’il soit modifié. À Genève, l’un des cantons comptant le plus de frontaliers en Suisse, la Fondation européenne pour le développement durable des régions (FEDRE) et certains élus du Mouvement citoyen genevois (MCG) partagent les inquiétudes du député français.

Une première tentative de réforme, portée par la France, a échoué il y a quelques semaines. Mais un autre essai pourrait bien avoir lieu sous la présidence hongroise de l’Union européenne (UE). Toutefois, la question des frontaliers n’est pas sensible pour la Hongrie et les relations entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban ne sont pas au beau fixe. Dans tous les cas, la Suisse risque de ne pas être associée de très près à cette discussion, n’étant pas membre de l’UE. «Et il est peu probable qu’elle ait son mot à dire», déplore la FEDRE.

.
KEYSTONE/GAETAN BALLY

Une machine de déminage de l’entreprise Digger, dans le Jura bernois, et son chef des opérations ont fait le voyage jusqu’en Ukraine, une première dans un pays encore en guerre. La Confédération a franchi le pas après des mois d’hésitation – neutralité oblige.

En septembre dernier, la Confédération a financé l’envoi d’une machine de déminage vers l’Ukraine. Un tiers du territoire ukrainien – l’équivalent de quatre fois la Suisse – serait aujourd’hui contaminé par des mines, des bombes à sous-munitions et des obus non explosés.

Pas plus grand qu’un van familial, l’engin pèse environ 12 tonnes et est capable d’encaisser l’explosion de mines antichars. Il est également télécommandé. «C’est ça le plus important, car il n’y a personne dedans. Il va aller dans les champs de mines pour faire le travail à la place des gens en toute sécurité», explique Frédéric Guerne, directeur de la Fondation Digger.

Le coût total de l’opération est revenu à 1,2 million de francs, à la charge du Département fédéral de la défense. Le chef des opérations de l’entreprise, Gentien Piaget, s’est rendu sur place pour y former plusieurs personnes durant cinq jours. Désormais aux mains du Service ukrainien de la protection civile, la machine va servir à «déminer les infrastructures dans les territoires libérés pour restaurer les réseaux et permettre le retour des gens chez eux».

.
KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

Le Time Magazine a désigné un Suisse comme l’une des cent personnes les plus importantes du monde dans le domaine de la santé.

C’est en bas âge et dans son pays natal, le Burkina Faso, que Fidel Strub a contracté le noma, une maladie tropicale infectieuse dont la plupart des enfants meurent (jusqu’à 90%). L’infection lui a déformé le visage, et il a dû se faire opérer une douzaine de fois, notamment à Genève. C’est là qu’il a été adopté par une famille suisse.

Fin 2023, il est parvenu, avec de nombreux compagnons de lutte, à faire inscrire cette maladie sur la liste des maladies transmissibles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une étape importante, après des années de lutte. Selon Jürg Utzinger, directeur de l’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse Swiss TPH, la première pierre est ainsi posée pour la recherche et les mesures visant à maîtriser cette maladie.

Le Time Magazine l’a désigné, avec une collègue, comme l’une des cent personnes les plus importantes du monde dans le domaine de la santé. Il reçoit cette distinction à New York – une ville qu’il dit apprécier, car on ne l’y dévisage pas comme en Europe. Il espère qu’à l’avenir, quiconque cherchera «Noma» sur internet tombera d’abord sur la maladie plutôt que sur le restaurant de luxe danois portant le même nom.

Les plus lus
Cinquième Suisse

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision