Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Les autorités suisses retiennent vendredi leur souffle alors que s’ouvre samedi au Bürgenstock une rencontre internationale historique pour la diplomatie helvétique.
Organisée par la Confédération à la demande de l’Ukraine, cette rencontre permettra de rassembler quelque 90 pays – dont plusieurs seront représentés par leur chef d’État ou de gouvernement – afin de discuter d’une paix future en Ukraine.
En l’absence de la Russie, qui n’a pas été invitée, les attentes de résultats sont faibles. Mais Berne souligne que l’alternative serait de ne rien faire.
Bonne lecture,
La session d’été du Parlement fédéral s’est achevée ce vendredi. Trois semaines au cours desquelles les élus ont opéré un repli de la Suisse sur elle-même, selon l’analyse de notre correspondant parlementaire, Balz Rigendinger.
L’aide au développement pourrait en faire les frais. De droite à gauche, les parlementaires suisses ont cherché, par différents chemins, à augmenter les ressources de l’armée. Une proposition du centre-gauche d’un paquet à 15 milliards, 10 pour l’armée et 5 pour l’Ukraine, a été refusée au Conseil des États. Le camp bourgeois lui a préféré une solution alternative de 4 milliards pour l’armée qu’il entend financer en coupant l’aide au développement.
Les deux Chambres ont également rejeté la condamnation de la Suisse par la Cour européenne des droits de l’homme pour inaction climatique. Selon une majorité des élus à Berne, la Suisse en fait déjà assez pour le climat. Ils dénoncent un «activisme judiciaire inadmissible et inapproprié».
Les Suisses de l’étranger sont également concernés par certaines décisions. Le Parlement a notamment adopté deux conventions de double imposition, l’une avec la France en matière de télétravail, l’autre avec la Slovénie. Enfin l’asile, la biodiversité ou encore l’inscription au pénal du «stalking» – ou plutôt «persécution persistante de quelqu’un» – ont également fait l’objet de décisions importantes. Le résumé complet ci-dessous.
- Lire notre article
- Fait marquant de la session: l’altercation entre la police fédérale et deux élus UDC, qui obtiennent le soutien d’Albert RöstiLien externe (RTS)
- Pour tout savoir sur les institutions politiques suisses, notre cours accéléré sur la démocratie
J-1 pour le sommet du Bürgenstock sur la paix en Ukraine. La Suisse s’apprête à accueillir ce week-end l’un des plus importants rassemblements diplomatiques de son histoire.
Aux dernières nouvelles, quelque 90 États et organisations internationales sont attendus sur les hauteurs du lac des Quatre-Cantons, dont une bonne moitié sont des pays européens. Parmi les principaux absents: la Russie, mais aussi la Chine et le Brésil, deux des principaux représentants du Sud.
Les autorités suisses se disent prêtes. Les attentes concernant l’issue de la rencontre sont toutefois modestes. Des négociations autour d’une déclaration commune se poursuivaient ces derniers jours. Le sommet doit permettre d’ouvrir la voie à de futures négociations de paix qui incluraient la Russie.
Voulant couper l’herbe sous les pieds des participants au Bürgenstock, Vladimir Poutine a présenté vendredi ses conditions à d’éventuelles négociations. Le président russe exige notamment de l’Ukraine qu’elle retire ses forces des quatre régions qu’il revendique, à savoir Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia. «Dès que Kiev commencera le retrait effectif des troupes et qu’elle notifiera l’abandon de son projet d’adhésion à l’OTAN, nous donnerons immédiatement l’ordre de cesser le feu et d’entamer des négociations», a-t-il déclaré.
Comme jeudi, la Confédération a indiqué vendredi avoir subi de nouvelles cyberattaques. Des sites web des organisations impliquées dans la conférence du Bürgenstock sont notamment concernés, mais n’ont connu que de petites pannes. Selon les autorités, elles n’ont eu aucun impact sur la sécurité ou le déroulement de la rencontre.
- Comment la Conférence suisse sur l’Ukraine entend trouver le chemin de la paix (swissinfo)
- La conférence au Bürgenstock nourrit les préoccupations au Palais fédéral (swissinfo)
- Vladimir Poutine fixe ses conditions à l’Ukraine pour entamer des négociationsLien externe (RTS)
- Nouvelles cyber-attaques sur les sites web de la Confédération (ATS via swissinfo)
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La grève féministe marque ce vendredi 14 juin, avec plusieurs rassemblements aux quatre coins du pays.
Principales revendications: l’égalité salariale, des salaires minimaux et des rentes décentes. En Suisse romande, des actions sont prévues à Genève, Lausanne ou Delémont, mais c’est à Berne qu’aura lieu la grande manifestation nationale, à 18h.
Les syndicats dénoncent les bas salaires des branches dans lesquelles travaillent principalement des femmes. Une petite moitié de celles qui ont accompli un apprentissage vivent avec moins de 5000 francs par mois, rappelle Unia. Avec pour conséquences: des soucis financiers, une plus grande dépendance et des retraites précaires.
La plus grande faîtière féminine de Suisse demande aussi que les femmes et les filles soient mieux protégées contre les violences. Alliance F souligne que toutes les deux semaines dans le pays une femme est tuée par son mari, ou ex-mari, compagnon, fils, frère ou père. Le 14 juin marque l’anniversaire de la votation ayant ancré dans la Constitution le principe d’égalité, en 1981. L’an dernier, 300’000 personnes étaient descendues dans la rue.
- L’égalité salariale, une des revendications de la grève féministe ce vendredi 14 juinLien externe (RTS)
- En graphiques – En Suisse, les femmes gagnent en moyenne 1500 francs de moins par mois que les hommesLien externe (Le Temps, abonnement)
- Le cortège du 14 juin dira non à la réforme de la LPPLien externe (24 heures)
- Violences sexuelles: La justice fribourgeoise est-elle morte?Lien externe (Blick)
- L’égalité des genres est-elle atteinte en Suisse? (swissinfo)
C’est un procès très médiatisé qui se tient ces jours à Genève. Celui de la riche famille Hinduja, dont quatre membres sont accusés de traite d’êtres humains par leurs anciens employés de maison.
Un accord financier a finalement été trouvé jeudi après-midi. Son montant n’a pas été dévoilé, mais il conclut six ans de procédure pour les trois anciens employés qui réclamaient plus de 4 millions de francs pour des arriérés de salaire, heures supplémentaires, tort moral et frais d’avocats notamment.
Mais le procès n’est pas terminé, car la traite d’êtres humains est une infraction poursuivie d’office. Les quatre membres de la famille accusés font donc désormais face au ministère public. En réparant financièrement les conséquences des infractions qui leur sont reprochées, ils peuvent espérer une remise de peine. Le jugement sera rendu vendredi 21 juin.
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