Aujourd’hui en Suisse
Helvètes du monde, bonjour,
La redevance radiotélévision va passer à 300 francs en 2029 – ainsi en a décidé le Conseil fédéral mercredi. Grâce à ce contre-projet direct, il espère contrer l’initiative qui souhaite abaisser le montant à 200 francs par année et mettrait en difficulté les médias de service public.
Chavirage orange en Helvétie: Migros a annoncé mardi vouloir supprimer 415 emplois supplémentaires, après les 150 annoncés en mai. La stratégie se précise, certainement au détriment de l’image de sympathie que l’enseigne véhiculait jusque-là.
Bonne lecture,
Le Conseil fédéral rejette l’initiative SSR et propose plutôt de baisser la redevance à 300 francs d’ici 2029. La concession actuelle de la SSR est prolongée jusqu’à fin 2028.
«La SSR doit disposer de moyens suffisants pour assurer une offre journalistique équivalente dans toutes les régions linguistiques», a déclaré le ministre chargé des télécommunications Albert Rösti mercredi. Le Conseil fédéral juge que le texte de l’initiative lancée par l’UDC, l’Union suisse des arts et métiers (usam) et les Jeunes PLR va trop loin. S’il était accepté, la part de la redevance allouée à la SSR baisserait à 630 millions de francs environ, alors qu’elle est de 1,3 milliard aujourd’hui.
Le gouvernement entend toutefois qu’il convient d’alléger la charge financière des ménages et des entreprises. C’est pourquoi la redevance passera à 312 francs en 2027, puis à 300 en 2029. Nouveauté également, les entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 1,2 million de francs seront exonérées (contre 500’000 actuellement). Ainsi, dès 2027, environ 80% des entreprises soumises à la TVA ne paieront plus la redevance.
Le Conseil fédéral a en outre décidé de n’octroyer une nouvelle concession à la SSR qu’après la votation sur l’initiative, qui devrait intervenir d’ici 2026. Il a donc prolongé la concession actuelle jusqu’à fin 2028. À partir de la nouvelle concession de 2029, la SSR devra s’orienter davantage sur l’information, l’éducation et la culture ainsi que sur les nouvelles habitudes d’utilisation du public.
- Le résuméLien externe de la RTS
- Le communiqué de presseLien externe du Conseil fédéral
Institution helvétique et plus gros employeur privé de Suisse, Migros va supprimer 415 emplois supplémentaires. La coopérative se sépare aussi de plusieurs enseignes spécialisées.
Fini les voyages, les meubles, l’électronique ou le jardinage: Migros a décidé de se (re)concentrer sur son activité principale, à savoir les supermarchés. Le géant orange avait déjà annoncé la suppression de quelque 150 postes à plein temps au mois de mai. Cette fois, la majorité des postes seront supprimés chez le producteur de denrées alimentaires Delica.
Les enseignes spécialisées de Migros font aussi les frais de la nouvelle stratégie. Migros entend se séparer d’Hotelplan (voyages), de Micasa (meubles et décorations), de Bike World (vélos et accessoires) et de Do it + Garden (bricolage et jardinage). 20 des 37 enseignes Melectronics seront reprises par Mediamarkt, tandis que les 17 restantes fermeront. Le processus de vente de SportX serait «en bonne voie», d’après un communiqué. Les 10 magasins OBI exploités par Migros en Suisse seront conservés.
Le géant du commerce de détail est en train de procéder à la plus grande transformation de son histoire centenaire. Il s’agit avant tout pour Migros de redevenir plus attractif en termes de prix, même si les mesures nécessaires pour y arriver provoquent un tollé dans la population, analyse Blick.
- Les explicationsLien externe de la RTS
- L’analyseLien externe de Blick
- Galerie photo des débuts de Migros
Les jeunes hommes estiment que l’égalité est atteinte en Suisse dans presque tous les domaines, mais ce n’est pas le cas des jeunes femmes. C’est ce qui ressort de la troisième édition du Baromètre national de l’égalité de la Conférence suisse des déléguées et délégués à l’égalité (CSDE).
Le Baromètre national de l’égalité 2024 a mis l’accent sur la génération Z. Il révèle que les femmes sont nettement plus critiques que les hommes sur l’état de l’égalité. Si cette différence entre les genres est la plus marquée au sein de la génération Z (personnes nées entre 1997 et 2007), elle se retrouve néanmoins dans toutes les générations.
Travail, famille, politique et postes de direction: les femmes sont majoritairement d’avis que l’égalité n’est pas atteinte dans ces domaines, contrairement aux hommes, qui l’estiment acquise, du moins en partie. Il n’y a qu’en matière de formation que les femmes considèrent être sur un pied d’égalité avec les hommes. Les femmes sont aussi plus nombreuses à soutenir les droits des personnes LGBTIQ+ et à penser qu’il existe plus de deux genres. Les jeunes hommes sont les moins convaincus par une conception non binaire du genre.
Ces résultats ne surprennent pas Colette Fry, déléguée à l’égalité du canton de Genève. «Ils correspondent à ce qui a déjà été relevé dans d’autres pays, notamment en France et aux États-Unis. Ces précédentes études avaient mis en avant que les personnes de la génération Z ont moins conscience des inégalités ou se montrent plus conservatrices. On y trouve aussi une grande polarisation.»
- L’articleLien externe du Temps (sur abonnement)
- Le communiqué de presseLien externe de la CSDE
- Le Baromètre nationalLien externe de l’égalité 2024 (version courte)
- Les progrès vers l’égalité des sexes dans le milieu universitaire restent lents
- Les universités suisses, pionnières de l’égalité des sexes
La Suisse n’est pas suffisamment armée contre les vidéos manipulées. TA-Swiss, la Fondation pour l’évaluation des choix technologiques, tire la sonnette d’alarme dans un rapport.
Les «deepfakes», ce sont ces vidéos factices, mais plus vraies que nature, créées par l’intelligence artificielle à partir des images et des voix de véritables personnes. De nombreux programmes les rendent aujourd’hui accessibles à presque n’import qui. Ces contenus sont notamment utilisés par des criminels.
Selon le rapport, les personnes individuelles ne sont guère en mesure de repérer les vidéos truquées. De même, les programmes de détection «ne sont ni fiables ni accessibles» à l’heure actuelle, explique Murat Karaboga de l’Institut Fraunhofer, qui a participé à l’étude. Pour reconnaître un deepfake, le meilleur atout est le flair: «il faut se demander: ‘Est-il vraiment possible que ce contenu soit authentique?’».
Étant donné leur prolifération, il est nécessaire de mettre des mesures sur pied pour lutter contre les effets néfastes des deepfakes. Le rapport de TA-Swiss préconise que la Confédération impose aux plateformes en ligne la suppression des vidéos nuisibles et la mise en place de centres de conseil aux victimes. Il recommande aussi aux personnes qui travaillent dans les relations publiques, la publicité et le journalisme un examen minutieux avant toute utilisation.
- L’articleLien externe de la RTS
- RésuméLien externe de l’étude en français
- Où en est la Suisse en matière de réglementation de l’intelligence artificielle?
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